‹ ŒuvresChapitre 90 sur 629 · ÉRASTE, MASCARILLE, GROS-RENÉ · texte numérisé non relu

ÉRASTE, MASCARILLE, GROS-RENÉ

MASCARILLE, h part.

Non, je ne trouve point d’état plus malheureux Que d’avoir un patron jeune et fort amoureux. oros-rené. Bonjour.

MASCARILLE. BoujoUl’.

gros-rené. Où tend Mascarille à cette heure? Que fait-il? revient-il? va-t-il? ou s’il demeure? mascarille. Non, je ne reviens pas, car je n’ai pas été;

Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté;

Et ne demeure point, car, tout de ce pas même,

Je prétends m’en aller,

éraste. La rigueur est extrême; Doucement, Mascarille.

mascarille. Ah! monsieur, serviteur.

éraste. Vous nous fuyez bien vite! eh quoi! vous fais-je peur mascarille. Je ne crois pas cela de votre courtoisie.

éraste. Touche; nous n’avons plus sujet de jalousie,

Nous devenons amis, et mes feux que j’éteins, Laissent la place libre ù vos heureux desseins. mascarille. Plût ù Dieu !

éraste. Gros-René sait qu’ailleurs je me jette. gros-rené. Sans doute; et je te cède aussi la Marinette. mascarille. Passons sur ce point-là; notre rivalité

N’est pas pour en venir à grande extrémité:

Mais est-ce un coup bien sûr que votre seigneurie Soit désenamouréc, ou si c’est raillerie? éraste. J’ai su qu’en ses amours ton maître étoit trop bien.

Et je serais un fou de prétendre plus rien Aux étroites faveurs qu’il a de cette belle. mascarille. Certes, vous me plaisez avec cette nouvelle.

Outre qu’en nos projets je vous craignois un peu, Vous tirez sagement votre épingle du jeu.

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