‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 31 sur 120 · CHANT DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHANT DOUZIEME

FRAGMENTSl

Cependant que les soins des compagnons d'Achille Soulageaient les douleurs du vaillant Eurypile, Les Grecs et les Troyens redoublaient leurs assauts. Mais, du large fossé, protecteur des vaisseaux, Mais, du mur spacieux, solide, inébranlable, La barrière à jamais n'est point inviolable. Sous l'auspice des Dieux, ce mur fut élevé, Et le sang des taureaux ne l'a point abreuvé ; Un jour il périra. Tant que le fier Pélide Fera subir aux Grecs son repos homicide, Tant que le noble Hector et ses remparts fameux Seront debout, ce mur sera debout comme eux; Mais lorsqu' après dix ans les héros du Scamandre Aux cendres de Pergame auront mêlé leur cendre, Quand ce reste de Grecs échappés au trépas, Vers la douce patrie, auront tourné leurs pas.

I , Ce morceau ne se trouve que dans les Poésies diverses. tome second, p. 2^-43 (Paris, Firmin-Didot, 1814, in-12).

Traductions. 189

Et Neptune et le Dieu qu'à Délos on révère,

Des fleuves indomptés réclamant la colère,

Appelleront de loin l'Ésèpe, le Rhésus,

Le Granique écumant, le fougueux Corésus,

Le Rhode, le Scamandre à la divine source;

Et l'étroit Simoïs, qui, roulant dans sa course

Les dards, les boucliers, les casques des héros,

Du sang des demi-dieux a vu teindre ses eaux.

De leurs flots détournés, le Dieu de la lumière

Battra, neuf jours entiers, cette énorme barrière;

Pour la déraciner, neuf jours, du haut des cieux,

Jupiter lancera ses torrents pluvieux ;

Quand, le trident en main, le monarque de l'onde.

Sapant l'immense ouvrage en sa base profonde.

Sous le sable aplani du bruyant Hellespont,

Du colosse en ruine aura caché le front,

Des fleuves, à sa voix, l'onde bientôt calmée

Reprendra, vers Thétys, sa pente accoutumée.

Ainsi l'arrêt du sort doit s'accomplir un jour.

Maintenant la muraille et la superbe tour.

Du cri des combattants, retentissent sans cesse :

Le robuste pilastre et la solive épaisse,

Frappés incessamment des coups nombreux du fer,

Mugissent; et, dompté du bras de Jupiter,

Vers les profonds vaisseaux, le Grec vaincu s'élance.

Fuyant du grand Hector la formidable lance.

Hector le suit, semblable au léger tourbillon.

Tel un noir sanglier, tel un affï^eux lion.

Sûr et fier de sa force, aux forêts d'Erymanthe,

Affronte les chasseurs et la meute écumante.

ipo

OEuvres de Mille voye.

D'un rempart d'ennemis cerné de toutes parts, Contre lui se hérisse une forêt de dards ; C'est en vain ; il se rit du coup qui le menace : L'audace le perdra, mais il garde l'audace; De» la troupe, vingt fois il veut rompre les rangs, Et vingt fois elle fuit ses assauts dévorants. Tel Hector

Traductions. 191

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