‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 50 sur 120 · ACHILLE · texte numérisé non relu

ACHILLE

Combien je m'abusais, fils du sage Nestor !

La gloire me parut le plus riche trésor.

J'en suis désenchanté. J'ai vu, sur cette rive,

S'évanouir pour moi sa beauté fugitive.

On la prône là-haut ; elle est belle en beaux vers ;

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Mais^ hélas ! ce n'est plus qu'un fantôme aux enfers : Tous les rangs, confondus en d'épaisses ténèbres, Y sont égalisés sous les niveaux funèbres. Les Grecs, de temps en temps, me manquent de respect ; Le tranquille Troyen ne craint plus mon aspect. Beauté, force, valeur, ne sont plus que chimère ; Un mort n'est rien de plus que le mort son confrère; C'est là tout mon chagrin.

ANTILOQUE

Tel est le sort commun.

Tu vois d'ailleurs ici, que nous sommes plus d'un. Naguère Ulysse y vint, par céleste entremise : Nous l'aurons, avant peu ; j'en crois sa barbe grise. Un malheur qu'on partage, à souffrir est plus doux. Vois Méléagre, Hercule : ils ne sont point jaloux De revoir du soleil l'éclatante lumière, Ni surtout de manger le pain de la chaumière.

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