ODE IV
ur des fleurs couché mollement, Je veux aimer, chanter et boire !
Qu'Amour, Ganymède charmant, Nouant son léger vêtement A l'entour de son cou d'ivoire , Me verse un nectar écumant !
Plus prompts qu'un char dans la carrière, Nos jours s'échappent loin de nous :
Bientôt nos ossements dissous
Edii. de Be^iince. 1810.
Xe seront qu'un peu de poussière.
Sur ma tombe, point d'ornement :
Ah ! pour m'apporter votre offrande, N'attendez pas que je descende Dans le funèbre monument.
Amour ! échauffe mon délire !
Je veux encore sur ma lyre Célébrer de joyeux transports, Avant d'aller au sombre empire Me mêler aux danses des morts.
*ODE VIP
Armé d'une branche légère, L'exigeant Amour vint naguère Me sommer de suivre ses pas.
Nous traversions les flots rapides, Les noirs torrents, les bois arides, Quand soudain, sous des fleurs perfides, D'un serpent, que je ne vis pas, Je sentis les dards homicides.
Ma blessure me désolait, Et mon âme qui s'envolait Errait sur mes lèvres livides.
Amour parut se désarmer,
j. Édit. de Beliunce, 1810.
35^ OEuvres de Millevoye.
Et battant mon front de son aile :
« Ah ! ah ! tu ne veux pas aimer ?
Avise-toi d'être rebelle ! »