‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 95 sur 120 · LA CIGALE · texte numérisé non relu

LA CIGALE

Quel heureux et brillant destin, Cigale aimable , est ton partage !

Sous le dôme d'un vert feuillage, Tu bois les parfums du matin, Et ta voix charme le bocage.

Pour toi, les trésors des saisons A l'envi s'empressent d'éclore :

Le laboureur t'aime et t'honore, Car tu respectes ses moissons.

Ton aspect réjouit la vue :

Il chasse les sombres autans; La messagère du printemps, En tous lieux, est la bienvenue.

Chère à Phébus, chère aux Neuf Sœurs, De leur divine mélodie Ils t'enseignèrent les douceurs.

Jamais la triste maladie, Jamais la vieillesse engourdie

1. On contestera sans doute à la cigale cette nature presque divine, que l'antiquité se plaisait à lui attribuer ; mais personne ne pourra contester à son panégyriste le charme qu'il a su répandre sur ces idées fabuleuses, charme toujours affaibli, même dans une traduction fidclc. {Note de l'auteur.)

■^66 OEuvres de Alillevoye.

N'oseront approcher de toi ; Prudente élève de Cybèle, Dans une jeunesse immortelle Des ans tu sais braver la loi.

Ton corps léger, noble cigale, Semble n'appartenir qu'aux cieux Que s'en faut-il, fille des dieux, Que des dieux tu ne sois l'égale?

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