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ET LA CHARITE

Ineffables vertus, filles de la prière, Trois chastes sœurs, au pied du trône de lumière. Attendent que le Ciel, ensemble ou tour à tour, Les envoie en message au terrestre séjour.

A la vive clarté dont sa tête rayonne, La Foi, trésor des cœurs, dut le nom d'Hélione. Elle parcourt le monde, elle franchit les mers; Sa course ne finit qu'où finit l'univers ; Au pâle désespoir elle ferme la tombe.

Ouvre l'éternité quand le juste succombe. Cueille pour lui les fleurs de l'immortel printemps, Et vient le recevoir sur les confins du temps.

La tendre Charité, sous le nom d'Eucharide, Secourt la veuve en pleurs et l'orphelin timide, Visite en son réduit le triste prisonnier. Et, pour lui, du passant recueille le denier. Amenant le pardon sur les pas de l'offense,

Elégies. iip

De l'absent qu'on outrage elle prend la défense; Elle bannit des cœurs la sombre inimitié : Dans Athènes jadis elle fut la Pitié.

L'Espérance la suit, déité bienfaisante,

Sans qui les longs malheurs seraient la mort présente.

Les yeux dans l'avenir, mais aveugle au passé,

Elle ne vit qu'aux jours qui n'ont pas commencé.

On la nomme Elpidie, au céleste royaume

Sur les maux de la terre, elle épanche un doux baume,

D'Hélione sa sœur emprunte le flambeau.

Et nous montre la vie au delà du tombeau,

Comme un pilote, après l'orageuse journée,

Signale aux matelots une île fortunée.

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