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ET LA CHARITÉ

Dans les premiers chapitres du Génie du Christianisme , M. de Chateaubriand avait peint ces vertus du chrétien, avec une perfection désespérante; mais l'illustre auteur

[po OEuvres de Millevoye.

s'est, pour ainsi dire, surpassé lui-même dans ce fragment du XXIII" chant du poème des Martyrs :

« Il est dans le ciel une puissance divine, compagne assidue de la religion et de la vertu. Elle nous aide à supporter la vie , s'embarque avec nous pour nous montrer le port dans les tempêtes, également douce et secourable aux voyageurs célèbres , aux passagers inconnus. Quoique ses yeux soient couverts d'un bandeau , ses regards pénètrent l'avenir ; quelquefois elle tient des fleurs naissantes dans sa main ; quelquefois une coupe pleine d'une liqueur enchanteresse; rien n'approche du charme de sa voix, de la grâce de son sourire; plus on avance vers le tombeau, plus elle se montre pure et brillante aux mortels consolés; la Foi et la Charité lui disent : « Ma sœur », et elle se nomme l'Espérance. »

NATHOS ET ZULMA

Page 159, vers 16. — Cette cérémonie touchante se pratique maintenant encore dans les campagnes , et à la ville dans quelques familles. Un fils, aux genoux de son père , lui demande en pleurant sa bénédiction , et le supplie de lui pardonner les peines qu'il a pu lui causer depuis sa naissance. Le père le relève en versant des larmes de tendresse ; il le presse sur son cœur et le bénit. Malheur à qui verrait ce tableau, sans attendrissement !

Page 160, vers 25. — La modeste église des hameaux inspire souvent plus de véritable dévotion que les temples des cités. L'air simple et vénérable du vieux pasteur, la ferveur de l'assistance, les chants des jeunes filles, tout porte dans l'âme une émotion profonde. Il est à remarquer que moins les asiles de la piété sont revêtus de pompe et d'ostentation, plus ils commandent le recueillement et le respect. Quel hospice institué par la magnificence des villes égalerait celui que l'humanité

Notes des Elégies. ipi

fonda parmi les rochers des Alpes, pour ainsi dire sur les confins de la nature ! L'auteur de ces poésies a essayé de rendre hommage, dans les vers suivants, aux pieux solitaires du mont Saint-Bernard :

Au milieu des glaçons et des rochers affreux.

Unis par leurs vertus, des mortels généreux

Vivent dans la retraite, et leur bonté propice

A tous les voyageurs ouvre un pieux hospice.

Ils ne s'imposent point des jeûnes rigoureux;

Le cilicc, la haire, y sont bannis loin d'eux :

Libres des préjugés de la terre où nous sommes,

Ils servent l'Eternel en secourant les hommes.

Leur temple est la nature : au Dieu des nations

Ils oflrent pour encens de bonnes actions.

Ces saints religieux, pour seconder leur zèle,

Nourrissent l'animal caressant et fidèle,

Que le ciel bienfaisant exprès daigna former

Pour nous servir, nous suivre, et surtout nous aimer.

Eux-mêmes ont dressé cette meute intrépide:

De rochers en rochers, d'une course rapide,

Elle parcourt ces lieux; et, portés par les vents.

Si des cris douloureux, de longs gémissements.

Retentissent au loin dans ce vaste silence,

Le chien frappé s'arrête, il écoute et s'élance... ^

Hélas! pendant la nuit, lorsque le voyageur

S'avance en frissonnant et pâle de frayeur.

Le perfide sentier, que la neige recouvre.

Sous ses pas égarés se dérobe et s'entr'ouvre.

Le dogue entend ses cris, il accourt, et soudain

Se frayant sous la neige un pénible chemin.

Fatigué, haletant, vers les bords le ramène.

S'il ne peut réussir, si son ardeur est vaine,

Il revient aussitôt, inquiet et plaintif.

Sollicite, avertit son gardien attentif;

On entend ce langage

L'étranger, de ces monts mesurant la hauteur. Autour de lui promène un œil contemplateur; Mais surtout, vers les murs de l'antique chapelle.

1^2 OEuvres de Millevoye.

Un charme involontaire en secret le rappelle. Dès qu'il porte ses pas dans ce lieu révéré, D'un saint recueillement son cœur est pénétré ; Tant la religion^ dans son culte épurée, Est pour tous les mortels consolante et sacrée !

Page 261, vers 25. — C'est l'effet que produit la foudre. Elle laisse le corps dans la position où elle l'a surpris : dès qu'on le touche, il tombe en poussière.

STANCES

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