REFRAIN DU VIEUX TEMPS
ou L'ADIEU DE LA JOUVENCELLE
Il faut partir; l'amour en vain murmure. En Orient vont flotter nos drapeaux.
Sors à ma voix des langueurs du repos ! Je veux moi-même attacher ton armure.
L'honneur t'appelle ; il te répétera :
Fais ce que dois ; advienne que pourra !
Grave mon nom sur le fer de ta lance,
Et de ta dame accepte le portrait ;
Il est sans art, mais c'est moi trait pour trait:
Art du pinceau vaut moins que ressemblance.
Dans les dangers il te protégera :
Fais ce que dois ; advienne que pourra !
Du vieux refrain garde bien souvenance; C'est le refrain de tout preux chevalier. Ce cri de guerre était leur bouclier.
Et maintenait leur noble contenance.
Gloire est promise à qui répétera :
Fais ce que dois ; advienne que pourra !
228 OEuvres de Aîillevoye,
Si la beauté de quelque Orientale
Te rend jaloux des droits de son sultan :
Contre ton sein posée en talisman,
Que mon image écarte ma rivale !
Reste fidèle à qui te le sera :
Fais ce que dois; advienne que pourra!
J'appris naguère, aux feuilles d'une rose, L'art de connaître un infidèle amant; Mais j'aime mieux eh croire ton serment. Pour trop savoir, trop souvent l'on s'expose. A tout hasard, ton cœur me restera:
Fais ce que dois ; advienne que pourra !