LIED DE MAI
0 Marguerite, quelle extase Quand mai, de retour,
Verse à nos vingt ans qu'il embrase La sève et l'amour î
Le mois qu'à la Vierge on dédie Sur nos fronts a lui.
L'hiver maudit qu'il congédie Finit aujourd'hui.
Les neiges et les frimas cèdent La terre au printems.
A des nuits heureuses succèdent Des jours éclalans.
Les mésanges et les fauvettes,
Dans chaque buisson, Chuchotlent comme des poètes
Leur douce chanson.
Viens voir leurs nids, leurs hyménées
Qui durent si peu.
Viens voir les claires matinées,
Les couchants de feu.
Viens voir les brumes disparaître
Au rayonnement Des astres, qui semblent renaître
Sous le firmament;
Les papillons et les abeilles
Butiner le thym Des collines, vertes corbeilles
De ce grand festin.
Viens, par tes pieuses compagnes.
Voir parer, le soir, L'humble oratoire des montagnes
Comme un reposoir.
Viens voir le lys, la primevère,
Le liseron bleu, Et l'aubépine du calvaire
Qui couronna Dieu :
Toutes ces adorables choses
Lumière et concert.
Brises, hirondelles et roses
Qu'à rhomme Dieu sert.
Viens voir s'épanouir la vie
Sous le ciel vermeil.
L'âme, d'amour inassouvie.
Sourire au soleil.
Viens du printems à la nature Compter les baisers.
Les étoiles à la ceinture
Des cieux embrasés.
Et quel que soit l'immense nombre Des oiseaux , des nids.
Des astres peuplant l'azur sombre Des cieux inlinis,
Des fleurs^ des rayons, des caresses, Des parfums divers.
Des sourires et des ivresses De tout Tunivers,
Ce trésor d'amour et de flamme Qui brille partout.
Tu verras que pour toi mon à me Le résume tout !