‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 16 sur 77 · LIED DE MAI · texte numérisé non relu

LIED DE MAI

0 Marguerite, quelle extase Quand mai, de retour,

Verse à nos vingt ans qu'il embrase La sève et l'amour î

Le mois qu'à la Vierge on dédie Sur nos fronts a lui.

L'hiver maudit qu'il congédie Finit aujourd'hui.

Les neiges et les frimas cèdent La terre au printems.

A des nuits heureuses succèdent Des jours éclalans.

Les mésanges et les fauvettes,

Dans chaque buisson, Chuchotlent comme des poètes

Leur douce chanson.

Viens voir leurs nids, leurs hyménées

Qui durent si peu.

Viens voir les claires matinées,

Les couchants de feu.

Viens voir les brumes disparaître

Au rayonnement Des astres, qui semblent renaître

Sous le firmament;

Les papillons et les abeilles

Butiner le thym Des collines, vertes corbeilles

De ce grand festin.

Viens, par tes pieuses compagnes.

Voir parer, le soir, L'humble oratoire des montagnes

Comme un reposoir.

Viens voir le lys, la primevère,

Le liseron bleu, Et l'aubépine du calvaire

Qui couronna Dieu :

Toutes ces adorables choses

Lumière et concert.

Brises, hirondelles et roses

Qu'à rhomme Dieu sert.

Viens voir s'épanouir la vie

Sous le ciel vermeil.

L'âme, d'amour inassouvie.

Sourire au soleil.

Viens du printems à la nature Compter les baisers.

Les étoiles à la ceinture

Des cieux embrasés.

Et quel que soit l'immense nombre Des oiseaux , des nids.

Des astres peuplant l'azur sombre Des cieux inlinis,

Des fleurs^ des rayons, des caresses, Des parfums divers.

Des sourires et des ivresses De tout Tunivers,

Ce trésor d'amour et de flamme Qui brille partout.

Tu verras que pour toi mon à me Le résume tout !

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