‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 39 sur 77 · BRUIT D'AILES · texte numérisé non relu

BRUIT D'AILES

On me disait : <' Va tenter Tinconnu.

Va dans les champs, ô pauvre àme Lrisée, Va l'abreuver de soleil, de rosée.

Et te guérir d'un amour méconnu. »

Mais vainement aux champs je suis venu. Que la fauvette fraternelle Chante au ciel en battant de l'aile. Et soudain mon cœur transporté Au souvenir de sa beauté.

Hélas ! vers elle Est emporté î

Un me disait « Franchis les monts nei creux.

Va respirer tians Pair des hautes cimes, Près des torrents roulant dans les abîmes. L'oubli des maux de ton cœur orageux. >» Je foule en vain les sommets nuageux.

Que la tempête solennelle Gronde au ciel en battant de l'aile.

Et soudain mon cœur transporté Au souvenir de sa beauté.

Hélas ! vers elle Est emporté î

En vain, plus tard, j'ai traversé les mers ; En vain mes pieds, sur le pont d'un navire, Des océans ont sillonné l'empire :

L'amour s'est ri de mes chagrins amers. Et je reviens chargé des mêmes fers ; Et comme au printemps Fhirondelle Retourne au nid battre de l'aile, Mon cœur, sans cesse transporté Au souvenir de sa beauté.

Hélas ! vers elle Est emporté !

Page 1