‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 38 sur 96 · LE PÊCHEUR A SA NACELLE · texte numérisé non relu

LE PÊCHEUR A SA NACELLE

Glisse, glisse furtive Le long de cette rive,

Où tout s'endor d !

Telle qu'une hirondelle, Ma coquette nacelle.

Rase le bord.

Et sois toujours docile A l'aviron habile

Qui te conduit :

Car la plage est profonde, Et nuit et jour sur Tonde

La mort nous suit.

Salue, en passant, l'anse Où je plonge en silence

Mes blonds filets, Où, parmi l'algue fraîche, Je recueille ma pèche

Sur les galets.

C'est cette anse tranquille Qu'entoure une presqu'île

Blanche de sel, C'est elle qui t'abrite Lorsque la mer s'irrite

Contre le ciel.

[]n soir, esquif que j'aime, Soir d'ivresse suprême

Déjà bien loin !

Seul, dans cette anse sombre } De nos baisers sans nombre

Tu fus témoin.

Oh ! quelle peur charmante Agitait mon amante,

Lorsque la voix Du vent qui tend l'écoute, Disait : Je vous écoule

Et je vous vois. . .

Maintenant Phyménéc Pour jamais l'a donnée

A mon transport. En avant, voile et rame, Car un amour de femme

M'attend au port.

Jamais la jalousie Au cœur ne l'a saisie :

Elle a ma foi ; Elle sait, ma nacelle, Que je lui suis fidèle

Autant qu'à toi!

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