‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 47 sur 96 · GO · texte numérisé non relu

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Mais l'horizon est sans tache.

Elle court sur le récif Et, de ses doigts blancs, détache Le nœud qui retient l'esquif.

- Viens î soupirait le zéphyr tendre : « Pour toi j'ai parfumé la mer,

« Et j'ai convoqué, pour t'entendre, « Les sylphes de Tonde et de l'air.

■ Oh î viens sous mon plafond d'étoiles • Mes ailes sont pour tes pensers,

- Mon souffle pour tes blanches voiles, « Et pour ton sein tous mes baisers!

El la barque était entraînée:

Et son sillage soulevait

Une lumineuse traînée

Que, des yeux, la vierge suivait.

« Voilà, disait la douce fille,

■ Voilà l'étoile des guerriers

« Dont sa jeune poitrine brille, ■■ Et sa couronne de lauriers.

« La patrie, un jour, le réclame :

« Il part. . . je suis seule à savoir « Tout ce qu'il souffrit quand son âme « Immola l'amour au devoir.

« Oh ! que le ciel le récompense « De tant de sublimes douleurs !

« Qu'un ange, dans ses maux, le panse « Avec le baume de mes pleurs !

« Mais voici des drapeaux, des glaives î « Voici mon bien-aimé vainqueur, * Qui foule le sable des grèves « El qui m'appelle sur son cœur . . .

• Volons î... « L'esquif cingla vers le large. Et la vierge Semblait presser quelqu'un contre son sein mouvant. Mais ses bras étendus n'embrassaient que le vent; Et l'éclair s'allumait, comme un funèbre cierge, Dans un ouragan noir qui montait du levant.

« Oh î s'écriait l'enfant si joyeuse naguère,

« Pourquoi, mon beau vainqueur, ramènes-lu la guerre"?

« Entends-tu le canon? n'est-ce pas l'ennemi

« Qui vient incendier le village endormi? »

Ce n'est pas le canon, c'est la foudre qui gronde! Chaque soir le trépas sur les mers fait sa ronde.

Oli ! qui te sauvera de la fureur des flots ? Quelle oreille entendra les déchirants sanglots

Quand tu t'éveilleras, et que loin de la five L'orage aura jeté ta barque à la dérive ?

Et les nuages noirs que le vent appelait, Accouraient à la voix de leur sombre monarque: Et, froide de terreur, la vierge s'éveillait A l'instant où la foudre éclatait dans sa barque.

Ou a dit que les flots ne l'engloutirent pas ;

Que sur la mobile surface Du gouffre amer où tout s'efface, Un flamboyant guerrier vint lui tenlre les bras. Il était décoré de la balle ennemie :

« Me voici ! viens, dit -il, viens, ma fidèle amie, « Viens, toi qui m'appelais dans le calme des nuit- « Toi, dont l'âme, livrée à d'éternels ennuis, « Éclipse en pureté la neige des lavanges ! « Né regrette jamais le mon'e que tu fuis; • Car le digne séjour des béros et des anges, « C'est le ciel, et je t'y conduis ! >

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