‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 60 sur 96 · MA PENSÉE · texte numérisé non relu

MA PENSÉE

Vole au ciel, ma pensée, enfant des vagues bleues Va franchir, sans compter les lieues, Les plaines de l'immensité.

Fends les chemins de l'air où voltigent les anges, Où l'orage et l'oiseau, loin des terrestres fanges, Mieux partagés que nous vivent de liberté.

Vole ! Un âge t'attend où les douleurs cruelles Briseront l'élan de tes ailes, De tes charmantes ailes d'or.

Le sort voudrait en vain t'étreinlre dans sa serre.

Déserte nos chantiers bruyants, où la misère

Dès ma plus tendre enfance a cloué mon essor.

— toi —

Vole ! l'azur est vaste, et tu pourras sans doute Y poursuivre à ton gré ta route.

Yole! car la réalité Plane déjà sur toi, comme un vautour avide, Jalouse de te voir des ailes de sylpLide Et ne pouvant te suivre en Ion vol enchanté.

.Mais non ! lu ne saurais demeurer prisonnière. Vole vers Dieu, vers la lumière, Toi, parfum, prière, soupir.

Emplis-toi des clartés des célestes domaines, Puis descends visiter les souffrances humaines Soit pour les consoler, soit pour les assoupir.

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