‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 62 sur 96 · UNE VAGUE · texte numérisé non relu

UNE VAGUE

Li voyez-vous venir ! Comme elle se replie, Et comme elle grandit :. . . comme elle multiplie

Les sillons de son front ; Et comme elle obéit à la noire tempête Oui, pareille à l'éclair, a fait surgir sa tète

D'un abîme sans fond !

Telle qu'un long serpent qui poursuit une proie Et qui siffle en rampant, elle rugit de joie

A l'approche des rocs Dont les pieds calcinés ceignent la vaste plage ; On dirait qu'elle veut, brisant contre eux sa rage,

En dissoudre les blocs!

La voilà près du borL Son front mouvant frissonne. Se hérisse dans Pair ; sa masse d'eau bouillonne

Dans ses verdàtres flancs ; Elle heurte le roc où Fonde en courroux fume ; Et Ton prendrait les jets de son casque d'écume

Pour des panaches blancs.

Elle monte en fumée, en pluie elle retombe,. Puis elle rebondit et, pareille à la trombe,

Tourbillonne dans l'air.

Enfin, comme un lion au seuil de sa tanière, Elle secoue au vent son humide crinière

Et rentre dans la mer.

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