‹ ŒuvresChapitre 18 sur 72 · II · texte numérisé non relu

II

Pour disposer vos cœurs à ces bruyants plaisirs, Vous avez des parfums, des femmes, des loisirs. Des trésors de bonheur que vos âmes savourent. Pour me les interdire à moi vieux travailleur, La misère et l'hiver, sources de la douleur. Empoisonnent le sort de tous ceux qui nf entourent.

Lorsque sous vos plafonds, comme un nouveau soleil. S'allument les flambeaux, moi, brisé de sommeil.

Je sens s'alourdir mes paupières.

De mes veilles bientôt mon travail souffrirait. Partager vos plaisirs, mes amis, ce serait

Insulter aux maux de mes frères.

Et puis tel d'entre vous remarquerait tout bas

Qu'une trace de plâtre accompagne mes pas.

Que je suis plus poudreux qu'une toit^ure ancienne.

Que l'habit de la veste abhorre le contact.

Qu'on me regarde et rit, que je manque de tact,

Et parlant, que ma place est trop près de la sienne.

L'ouvrier doit rester au rang où Dieu l'a mis. N'allez pas augurer de ce refus, amis.

Que seul et triste j^iime à vivre.

La tristesse, l'ennui, l'exil sont des cancers Qui du poète, plein de sublimes co'.iccrts.

Dévorent la vie et le livre !

J'assistai quelquefois à vos pompeux festins ;

Mais quand je vous quittais, j'accusais mes destins ;

Je trouvais du travail le joug dur, les jours sombres :

C'est la réaction que je crains. Ici-bas,

Plus est long le repos, plus sont grands les combats ;

Plus les rayons sont beaux, plus sont noires les ombres î

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