‹ ŒuvresChapitre 37 sur 72 · PAPILLON · texte numérisé non relu

PAPILLON

Que vienl-il faire dans la ville, Ce mignon transfuge des champs ?

Son aile au duvet si fragile Va tenter les petits méchants.

Déjà plusieurs sont à ses trousses.

Eli quoi î les roses des jardins Seraient-elles pour lui moins douces Que nos platanes citadins?

De nos grands arbres le feuillage l.'accueille avec étonnement.

Et chaque feuille, à son passage.

Caresse rétranger charmant.

Mais dans la foule il s'aventure.

L'imprudent voltige au hasard.

Où va-t-il donc ? Sa perte est sûre S'il ne s'abrite quelque part.

Sur le front de celle que j'aime Il s'est posé. L'y voyez -vous ?

Il brille, vivant diadème A rendre un diamant jaloux.

Pour une fleur il l'aura prise Et ses yeux ont été ravis.

J'ai commis la même méprise Le premier jour que je la vis.

Ses cheveux blonds comme l'aurore L'ont attiré par leur senteur, Et de baisers il les dévore Comme il le ferait d'une fleur.

Sais-tu bien, roi des beaux insectes, Que depuis trois ans, nuit et jour,

Ces baisers donl lu te délectes Font tout l'espoir de mon amour ?

Tu devrais payer de ta vie Cette ineffable volupté ; Mais non, point de coupable envie ; A loi l'air et la liberté !

Cette liberté qui t'enivre J'en voudrais jouir à mon tour.

D'où vient ffue je préfère vivre Dans l'esclavage de l'amour ?

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