‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 127 sur 193 · ACTE II, SCÈNE VII. S4t · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII. S4t

Les hommes s'aiment tous; les femmes se détestent Mieux «pie jamais : enfin c'est iin monde charmant; Et Paris s'embellit délicieusement.

Etadalise?..

VALÈRE

Mais...

CLÉON

C'est une aflaire faite?

Sans doute vous l'avez?.. Qurà! la chose est sécrété?

VALÈRE

Mais cela fûtil vrai , le dirois-je?

CLÉON

Par-tout; Et ne point l'annoncer c'est mal servir son goût

VALÈRE

Je m'en détacherois si je la croyois telle.

J'ai, je TOUS l'avouerai, beaucoup de goût pour elle; Et pour l'aimer toujours, si je m'en làis aimer, J'observe ce qui peut me la feire estimer.

CLÉON, avec un grand éc&it de rire.

Feu Céladon , je crois , vous a légué son ame : Il feudroit des six mois poiu: aimer une femme , Selon vous ; on perdroit son temps , la nouveauté , Et te plaisir de laire une infidélité.

Laissez labei^erie, et, sans trop de franchise, Soyez de votre siècle, ainsi que Cidalise-:

Ayez-la, c'est d'abord ce que vous lui deves.

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34i LE MÉCHANT.

Et vous l'estHiierez après si vous ponvec :

Au reste lâchez tout. Quelle erreur est la vôtre !

Ce n'est t|u'ei] se vantant de l'une qu'on a l'antre ,

Et rhonneur d'eulever l'amant qu'une autre a pris

A nos gens du bel air met souvent tout leur prix.

VALÈRE

Je vous en crois assez... Eh bien! mon mariage? Concevez-vous ma mère , et tout ce radotage ?

CLÉON

N'en ap|wéhendez rien. Mais , soit dit entje oons , Je me reproche un peu ce que je feis pour vous; Car enfin, si, voulant prouvw que je vous nate, J'aide à vous nuire , et si vous vous trompez vous^néme En fiiyaat un parti peut-être avantageux?

VALàKE.

Eh ! non : vous me sauvez un ridicule affreux. Que diroit-on de moi , si j'allois , à mon âge , D'un ennuyeux mari jouer le personnage?

Ouj'aurois unefxude au ton triste, excédant, Une bégueule enfin qui serait mou pédant; Ou , si ptHir mon ntalbenr ma fiemmc étoit jolie , Je serais le martyr de sa (wquetterie.

Fuir Paris , ce serait m'égorger de ma main.

Quand je puis m'avancer et laire mon dumin, Irois-je, accompagné d'une femme importune, Me rouiller dans ma terre et borner ma fartaft^ Ma foi, se marier, à moins qu'on ne soit vieHX> Fi ! cela me parott igat^ctle , crapuleux.

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