‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 52 sur 193 · ACTE n, SCÈSE H. aîg · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈSE H. aîg

De défendre l'état le droit vous fut donné; A l'orner par nos mœnrs notre sort fiit borné : Mais , soit l'instiact du sang , soit l'exemple d'un pare , Je ne partage point la fbîblesse vulgaire; Que la patrie ordonne , et mon cœur aujourd'hui En aéra, s'il le feut, la victime ou l'appui. Le ciel qui voit mon ame au devoir assravie Sait combien fbibleœent elle tient à la vte; Et je l'atteste ici que mon sang répandu...

VOBCESTEE,

Laissez de vains serments , j&a crois votre vertu , J'en crois mon sang; montrez cette ame magnanime; Vous poaveB par l'efibrt d'une vertu soblime Dans DOS festes brillants précéder les héros : Quelque degré d'honnetu- qu'atteignent leurs travaux , Au-delà de leur sort ta gloire vous appelle; Le del a &it pour vous une vertu nouvelle :

Même au-dessns du trône il est encore un rang. Et ce rang est à vous , si vous êtes mon sang.

eccÉNis.

De-mon coeur, de mes jours, que mon père dispose; Pour en être estimée il n'est rien que je n'ose.

VOBCESTRE.

Un mot va nous juger : si ^ détruisant nos droits , Et la foi des traités , et le respect des lois , Le sort à votre père ofifroit un diadème, Et qu'entre la patrie et le pouvoir snprëme Il parût balance' à choisir son destin ,

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a4o EDOUARD III.

Que conseilieriez-voas à son cœur incertain?

BCGÉNIE.

Le refus de ce trône , nn trépas honorable.

Un juste citoyen est plus qu'un roi coupable.

VOHCESTRE.

La vertu même ici par ta boucbe a parlé;

C'est ton propre destin que cecboix a réglé;

C'est le sort de l'état. Généreuse Eugénie,

Il feut, du peuple auglois tutélaire génie,

Faire plus qu'affermir, plus qu'immortaliser.

Plus qu'obtenir le trAne^ il faut le refiiser.

Oui , c'est toi qu'au mépris d'une loi souveraine.

Au mépris de l'état , Edouard nomme reine;

Et , pour un rang de plus , si tu démens tes mœurs ,

Tu l'épouses demain, tu régnes, et je meurs.

Tu frémis!... Je t'entends; tu prévois les disgrâces

Que ce &tal amour entraîne sur ses traces;

Je reconnois ma fille à ce noble refus,

Et mon cœur paternel renaît dans tes verUis.

Qu'espéroit Edouard? comment a-t-il pu croire

Qu'instruit par des aïeux d'immortelle mémoire.

Blanchi dans la droiture et la fidélité ,

Dans te zèle des lois et de la liberté ,

J'irois , d'un lâche orgueil méprisable victime ,

Avilir ma vieillesse et finir par un crime?

Non, j'ai su respecter la terre où je suis né;

Je t'en devois l'exemple , et je te l'ai donné :

Bien loin qu'à ton départ je schs omtraire eacare.

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