ACTE II, SCÈNE VI
Je n'en crois que moi-même, et j'ai reçu l'outrage; Cet esprit de révolte éclaire enSn mes yeux , Et me confirme trop des soupçons odieux.
VOLFAX.
On vient de m'annoncer la trame la plus noire... Je le justifiois... ciel ! qu'on doit peu croire Aux dehors imposants des humaines vertus !
Parle; que t'a-t-on dit? rien ne m'étonne plus.
VOLFAX.
Dispensez-moi , seigneur, d'en dire davantage; Il est d'autres témoins des maux que j'envisage, Et je croîs avec peine un si noir attentat.
ÉDOUAnD.
Achève, jele veux; je crois tout d'un ingrat.
VOLFAX,
J'obéis, puîsqu'enfin ce n'est plus qu'un coupahte : Je vois que son forfait n'est que trop véritable ; Je rapproche les temps, ses projets, ses discours. Dans le conseil, seigneur, vous l'avez vu toujours Contraire à vos desseins , contraii'e à votre gloire; Il tâchoit d'étoufTer l'amour de la victoire : Je vois trop maintenant jiar quels motifs secrets • Ses dangereux conseils ne tendent qu'à la paix.
Oui, tu m'ouvres les yeux; aujourd'hui même encore, Trahissant le renom dont l'univers m'honore,
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i46 EDOUARD 111.
Il m'osoit conseiller un indigne repos.
TOLFAX.
Pour en savoir la cause apprenez ses complots ;
Dans la sécurité d'une paix infidèle
On vous laisse ignorer que l'Ecosse rebelle...
ÉDODARD.
Je ne le sais que trop, de fidèles sujets
M'ont découvert sans lui ces mouvements secrets.
VOLFAX.
De ces déguisements l'honneur est-il capable?
Qui peut taire un complot lui-même en est coupable.
Peut-être jusqu'au trône osant porter ses vœux ,
Appui des Écossois, il veut régner sur eux.
C'est pour fevoriser ces ligues, ennemies
Qu'il prétend séparer vos forces réunies,
En des ports différents disperser vos vaisseaux ,
Et borner à régner le destin d'un béros.
ït avoit des vertus , il avoit votre esùme ,
Seigneur; mais pour régner, quand il ne fout qu'un crime,
L'honneur est-il un irein à l'orgueil des mortels?
L'espoir du trône a foit les fomeux criminels ,
Et, fousse trop souvent, cette altière sagesse
N'attend qu'un crime heureux pour montrer sa bassesse.
ÉDOUABD.
Le perfide !
VOLFAX.
Je crains autant que sa fureur Ce renom de vertu que lui donne l'eireur;
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