EDOUARD, EUGÉNIE
EUGÉNIE
Pour la dernière fois Je puis enfin, seigneur, vous adresser ma voix. Mon père est condamné. Souverain de sa vie , L'abandonner ez-vou s aux fureurs de Tenvie?
Je pouvois te sauver, quoiqu'il flït convaincu : Il va mourir, madame , et vous l'avez voulu.
EUGÉNIE
Le plus juste des rois permettra-t-il le crime?
D'infâmes délateurs, qu'un vil espoir anime,
Ont osé le charger du plus noir attentat;
Des traîtres ont jugé le soutien de l'état:
Que son maître le juge ; ou , s'il fout qu'il périsse ,
Si détournant les yeux vous souffrez l'injustice,
S'il n'obtient plus de vous un reste d'amitié ,
A ma douleur du moins accordez la pitié :
Ma vie est attachée à celle de mon père :
Ainsi donc par vos coups je perdrois la lumière!...
Maisdans vos yeux, seigneur, je lis moins de courroux :
Achevez, pardonnez; je tombe à vos genoux.
ÉDOV ARD , la relevant.
En quel état vous vois-je , ô ma chère Eugénie !
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37» ÉDOUAKD III.
Vous l'objet de mes vœux , vous l'espoir de ma vie : ConuDandez en ces lieux; n'accalilez plus mon coeur Du remords d'avoir pu causer votre douleur.
Quoi ! c'est vous qui pries ! c'est moi qui voua afflige ! A quels afireux excès votre baiae m'oblige !
Terminez d'uu seul mot ma peine et votre effroi; Régnez; au même instant donnant ici la loi.
Vous dérobeE Vorcestre au coup qui le metUKX ; C'est moi qui d»is ce jour vous demande sa grâce.
EUGÉNIE
Cen est donc fait, seigneur, on versera son sang : Vous savez quel devoir m'éloigne de ce rang.
Oui, je sais mon malheur; ce jour épouvantable,
Quand j 'en doutois encore , et m'éclaire et m'accable :
Cessez de m'o|^K>ser des détours superflus.
Cruelle ! je vois trc^ d'où partent vos refus ;
Vous ne pouvez m'aimer, mes vœux font votre peine ;
Sous le nom du deviùr vous déguisez la haine :
Vous le voulez , madame , il &ut y consentir;
De mon cœur déchiré cet amour va sortir :
C'en est fait : mais songez qu'après cette victoire.
Si je puis l'obtenir, je suis tout à ma gloire;
Qu'à ma gloire rendu, n'agissant plus qu'en roi,
Un pardon dangereux ne dépend plus de moi.
La justice a parlé, je lui dois sa victime...
Vous voyez la fiireur et l'amour qui m'anime :
Madame, prononcez... c'est le dmiier n
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