‹ Œuvres choises de Desportes, BertautChapitre 89 sur 193 · SCÈNE vm · texte numérisé non relu

SCÈNE vm

ÉDOUABD, ARONDEL, 6LAST0N,

GARDES

Demeure : qnel secret t'unit »ux attentats

Du traître qui t'attend pour marcher au trépas?

ARONDEL

Qu'eutrade-je? il vit encore ! appui de l'innocence , Je reconnois , ô del 1 j 'adore ta puissance : Je reverrai Vorcestre ! â bonheur imprévu!

Je puis justifier et sauver la vertu.

Pour ton propre foriait quand la mort te menace , Téméraire, oses-tu parler d'une antre grâce?

Crois-tu par ces dehors d'une Eusse grandeur D'un inlàme assassin ennoblir la fureur?

Toi qui nW dans ma cour connu que par un crime , Quel es-tu? quel destin, quelle furou* t'anime?

ARORDËL.

Je reçois sans rougù' les noms des scélérats; L'apparence m'accuse , et j e ne m'en plains pas : Mais puisque vous daignez m'interroger, m'entendre , A votre estime eacor, se^^œur, je puis prétendre. Je ne forderai point l'aveu que je vous dois; Non , la vérité seule est la langue des rois :

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384 EDOUARD ni.

Souvent dans les combats le sang de mes ancêtres

A coulé pour les roïs vos pères et nos maîtres ,

Et le nom d'Arondel qui vit encore en moi

Ne vous annonce pas l'ennemi de son roi.

Au sein de ces honneurs qu'adore le vulgaire

Je pouvois conserver un rang héréditaire;

Mais né libre, j'ai fui l'esclavage des rangs,

Et j'ai laissé ramper les flatteurs et les grands :

Spectateur des humains , citoyen de la terre ,

Pour vivre indépendant je quittai l'Angleterre;

Et si , changeant de soins , je revois ce séjour,

L'intérêt de l'état a voulu mou retour :

En Norvège, informé de la fuite d'Alzonde,

Et d'une trahison qu'ici même on seconde,

J'en venois à Vorcestre éclaircir les hotreurs.

Et j'arrivois enfin, quand j'appris ses mdheurs.

Je ne le défends pas des crimes qu'on m'annonce;

Défendu par ses mœurs , sa vie est ma réponse :

J'ai paru sans eBroi; plus stable que le sort.

L'amitié prend des fers , et partage la mort.

Si j'ai puni Voliàx, la plus pure lumière

Va rendre à la vertu sa dignité première :

Regardez cet écrit qu'a signé l'imposteur;

Vous connoissez la main , lisez , voyez , seigneur,

Si les tourments sont faits pour qui vous en déhvre,

Et jugez qui des deux a mérité de vivre.

Que vois-je? avec Volfax Aglaé conspiroit!

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