‹ Œuvres choisiesChapitre 28 sur 33 · DE L'ASSISTÂ^■CE QUI HUMILIE ET DE CELLE QUI HONORE · texte numérisé non relu

DE L'ASSISTÂ^■CE QUI HUMILIE ET DE CELLE QUI HONORE

par en bas, par les besoins terrestres seulement, quand elle ne prend garde qu'aux souffrances de la chair, au cri de la faim et du froid, à ce qui fait pitié, à ce qu'on assiste jusque chez les bêtes : car les Indiens ont des hôpitaux pour les chiens, et la loi anglaise ne permet pas de maltraiter impunément les chevaux. L'assistance humilie, si elle n'a rien de réciproque, si vous ne portez à vos frères qu'un morceau de pain, un vêtement, une poignée de paille que vous n'aurez probablement jamais à hii demander, si vous le mettez dans la nécessité douloureuse pour un cœur bien fait de recevoir sans rendre; si, en nourrissant ceux qui souffrent, vous ne semblez occupé que d'étouffer des plaintes qui attristent le séjour d'une grande ville, ou de conjurer les périls qui en menacent le repos.

Mais l'assistance honore quand elle prend rhf»mme par en haut, quand elle s'occupe, premièrement de son âme, de son éducation rehgieuse, morale, pohtique, de tout ce qui l'affranchit de ses passions et d'une partie de ses besoins, de tout ce qui le rend libre, et de tout ce qui peut le rendre grand. L'assistance honore quand elle joint au pain qui nourrit la visite qui console, le conseil qui éclaire, le serrement de main qui relève le courage abattu; quand elle traite le pauvre avec respect, non-seulement comme un égal, mais comme un supérieur, puisqu'il souffre ce que peut-être nous ne souffririons pas, puisqu'il est parmi nous comme pn envoyé de Dieu pour éprouver notre justice et notre charité, et nous sauver par nos œuvres.

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