RÊVERIE ROMANTIQUE
Cinq-Mars, les yeux attachés sur la grande croisée de la salle à manger, regardait avec tristesse le magnifique paysage qu'il avait sous les yeux. Le soleil était dans toute sa splendeur et colorait les sables delà Loire, les arbres et les gazons, d'or et d'émeraude ^ ; le ciel était d'azur, les flots d'un jaune transparent, les îles d'un vert plein d'éclat ; derrière leurs têtes arrondies, on voyait s'élever les grandes voiles latines des bateaux marchands comme une flotte en embuscade -. — 0 nature, nature ! se disait-il, belle nature, adieu ! Bientôt mon cœur ne sera plus assez simple pour te sentir, ettune plairas plus qu'à mes j^eux; ce cœur est déjà brûlé par une passion profonde, et le récit des intérêts des hommes y jette un trouble inconnu... (Chap. i.)
* Emeraiide, pour herbe ou verdure, était cliché depuis le xviri* siècle. 2 La Loire n'était pas encore ensablée, on la remontait en coche d'eau.