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Oeuvres choisies

méditations poétiques l| la mort de socrate || nouvelles 'méditations poétiques a le dernier chant du pèlerinage d'harold ii harmonies poétiques et religieuses || jocelyn n la chute d'un ange ii recueillements poé- TIQUES ij POÉSIES DIVERSES.

toî> 1790-1869*^

»^1820«MÉDITATI0Mi POÉTIQUES 1823»15M0RT DE50CRATE?^1823 N0UVELLE3 MEDITATIONS P0ETI0UE5 1825*CHANT DU SACRE »1825«IS DER- NIER CHANT DU PÉLÉRIMAGE P'HAROLD l&30*HARM0NiES POÉTIQUES ET RELI- GIEUSES ;^1831»l^ POLITIQUE RATIOM- ■MELLE*1835*VOyA6E EN ORIENT* 1836 JOCELyM;ô?1838-lA CHUTE D'UM AMGE;ô?

1838»LEUVRE PU PEUPLE»1839*RECUEIL- LEMEMT5 POÉriOUE5|^1847- HISTOIRE DES GIROMDm5«184.8»TROI5MOISAU POUVOIR ;^1849*^HiST0IRE DE LA RÉ- VOLUTION DEI848;^1849»lfSC0MFI- DENCE3»1849»RAPHAËL '^ISSO'GEME- VIÈVE-1850»TOU5SAINT LOUVERTURE ;^1851- NOUVELLES CONFIDENCES-1851 IITAILLEUR PEPIERRE3 DE SAIMT-POIMT ;ô?1852»ûRAZIELLA«1852*HIST0IRE PE LARE3TAURATION»1854*HI5TOIRE DES CONSTITUANTS »'1854-I855- HIS- TOIRE DE TURQUIE«1855»HISTOIRE PE RUiSIE«lô56* HISTOIRE Vï. CESAR-1856 1867-COURS FAMILIER PB LITTERATURE ;ôfl857^ANTONIELLA«1863»REGINA»1863 FIÔR P'ALIZA;^18G3-I866*VIE'DE QUEL- QUES HOMMES ILLUSTRES;^1864-I865 [A FRANCE PARLEMENTAIRE T)E 1^5 -A ' lô5i: ŒUVRES ORATOIRES ET ECRlTj POLITIQUES D'ALPHONSE pê Lf^MARTINE

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AMARTINE Hait d'uite famille de la moyenne noblesse bourguignonne. Né le 21 octobre lygo, à Mâcon, il avait deux ans lorsque son père, à la suite de la journée du 10 août iyg2, fut emprisonné par ordre du Comité révolutionnaire ; cette détention, sur laquelle une condamnation à mort faisait planer l'angoisse d'une menace continuelle, ne prit fin qu'au 9 Thermidor. Aussitôt après son élargissement, le chevalier de Lamartine quitta Mâcon, encore peu sûr pour lui, et emmena les siens dans le domaine familial de Milly, à trois ou quatre lieues de la ville.

Alphonse-Marie-Louis, qui était l'aîné de cinq sœurs, vécut là toute sa première enfance, de iyg4 à 1800. Sur sa dixième année, on le mit au collège à Lyon, puis à Belley ; c'est là qu'il termina, dans l'automne de i8oy, des études d'ailleurs médiocres. Le rgyalisme intransigeant où> son père s'était obstiné et s'obstina tant que dura l'Empire, fermait au jeune homme l'accès de toute carrière publique. Il ne sortit guère, à ce moment de sa vie, de Milly, ou de Saint- Point, qui était l'autre domaine des Lamartine. Mais cette retraite fui loin d'être inféconde. Il ne rapportait de Belley qu'un peu de latin. Il apprit l'anglais, pour lire le nuageux Ossian, qui, bien qu'apocryphe, passait alors pour le plus grand poète du monde, et Young, dont les rêveries nocturnes faisaient les délices des âmes tendres. Il apprit l'italien pour lire Pétrarque. Surtout il se perdait en des méditations imprécises où se formait son génie, à son insu.

En 1811, on l'envoya faire un voyage en Italie. Il ne vif Florence et Rome que distraitement, mais Naples l'enchanta. Naples le retint de longs mois, partageant l'existence nonchalante des pêcheurs de la côte, filant le parfait amour avec une petite ouvrière, corailleuse, selon lui, dgarière, disent certains autres, que plus tard il appellera Graziella. Il fallut pourtant revenir. Et c'est une nouvelle retraite à Milly, retraite qu'il occupe en écrivant ses premiers vers, des vers

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à l'ancienne mode, à la pire mode du xviii® siècle. Il rime deux livres d'élégies amoureuses, dans la manière de Parny. D'ailleurs ses ambitions ne laissent pas d'être vastes. Il commence, s'il ne les achève, des tragédies oîi il met sur la scène Médée, Brunehaut, Zoralde, Mérovée ; il ébauche un poème épique dont Clovis est le héros. Des fragments sub sistent de telle ou telle de ces œuvres.

A la Restauration, on obtint pour lui un brevet de garde du corps, et il alla tenir garnison à Beau/vais, oii il s'ennuya, mais peu de temps. Lorsque Napoléon revint de Vile d'Elbe, les gardes du corps allèrent reconduire le roi jusqu'à Béthune, puis furent licenciés. Lamartine regagna Mâcon, et de là passa en Savoie, puis en Suisse. Au retour définitif des Bourbons, il ne reprit pas de service. En août-septembre 1816, malade, il se trouvait à Aix-les- Bains. Il y rencontra Elvire, qui, dans la réalité, se nommait Mme Charles, et, de son nom de jeune fille, Julie des Hérett^s : c'était la femme d'un vieillard, professeur, membre de l'Académie de médecine. Elle était phtisique et mourut le 18 décembre iSiy. De ce grand amour date l'éclosion véritable du génie de Lamartine.

Les Méditations parurent en mars 1820. Ce fut tout de suite la gloire. L'émotion produite par ce livre fut unanime et profonde ; et en effet ce n'était rien de moins qu'une poésie nouvelle qui se révélait au monde. Plus tard, et surtout dans le recueil qu'il publiera en 1830, Lamartine prouvera plus d'art, plus de fermeté, plus de grandeur ; mais il reste éternellement celui qui a écrit Le Lac et L'Isolement.

Quelques mois après la publication des Méditations, Lamartine épousait une jeune Anglaise, chez qui l'amour avait commencé par l'admiration, et l'emmenait à Naples, où il était envoyé comme attaché d'ambassade. Il remplit ces fonctions de juin 1820 à juin 1821, prit un long congé, durant lequel il donna La Mort de Socrate, les Nouvelles Méditations poétiques, le Chant du Sacre, Le dernier Chant du Pèlerinage d'Ilarold, et repartit, mais cette fois pour Florence, avec le litre de secrétaire d'ambassade. Il y devait rester trois ans, d'octobre 182^ à aaUt 1828. Il en rapporta les Harmonies poétiques et reli^euso^-^, qui parurent en tSjo» C\ ; ' ijn œuvre d'apogée ;^im valut l'Acudèniiê. ^

Sa Vie et son OEuvre 9

// venait d'être nommé ministre plénipolentiaire à Athènes,

'S que éclata la révolution de 1830. Il donna sa démission, se présenta à la députation dans les circonscriptions de Toulon et de Dunkerque, et essuya un double échec. Le 25 juin 1832, il s'embarqua à Marseille pour aller visiter la Grèce, la Syrie et la Palestine. Le Voyage en Orient parut en 1835. Suivirent Jocelyn, qîii est de février 1836; La Chute d'un Ange, qui est de mai 1838; les Recueillements poétiques, qui sont de 183g. Avec ce dernier recueil, sa carrière poétique est terminée.

Depuis 1833 il était député, successivement de Bergues et de Mâcon, et il va se consacrer entièrement à la politique. Il siégea dans les rangs de l'opposition, sans cependant se fixer à aucun parti déterminé. Il avait écrit en 18 31 un livre sur La Politique rationnelle. En 1847, s<^^ Histoire des Girondins est plus une œuvre de combat qu'une histoire. Le 25 février 1848, il prit un rôle déterminant : ce fut lui qui évita à la révolution d'être tout de suite escamotée, comme en 1830, par une régence orléaniste. Il eut sa journée, le lendemain, oii il tint tète victorieusement à l'émeute, devant l'Hôtel de Ville. Il faisait partie du Gouvernement provisoire, et en était même pour ainsi dire le chef, avec le portefeuille des Affaires étrangères. Son manifeste du 4 mars sauva la France d'une intervention de l'étranger. Il se vit un instant le maître. Aux élections, il réunit les votes de dix ou douze départements, et opta pour Paris, qui le portait en tête de liste par 25g 000 voix, A quelques mois de là, candidat à la présidence de la République, il ne retrouvait plus 8 000 voix contre les 4500000 suffrages qui allèrent au prince Louis-Napoléon Bonaparte ; il ne put même entrer dans V Assemblée législative que grâce à une élection partielle, après avoir échoué aux élections générales. Son éloquence, qui était celle d'un poète, n'avait plus d'action sur les foules, et les hommes s'u,'^ent vite en ces heures critiques.

L'Empire le rejeta dans la vie privée. Il tombait en même temps dans la misère la plus cruelle. Au moment de sa prospérité, il avait toujours mené une existence de grand seigneur, fastueuse et imprévoyante au dernier point. Maintenant la ditu l'içrasaii. Il IuUh coura^eimmeut ÇQntf$ §U*, U ià

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mit à écrire, comme un manœuvre de la prose. Il avait publia ies Confidences en 184g ; il ajouta de Nouvelles Confidences m 18^1, puis des romans, encore pour la plupart de caractère zutohiographique, Raphaël, Graziella, Geneviève, Le Tail leur de pierres de Saint-Point, Régina, Antoniella, Fior d'Alisa. Il avait publié, en 1848, Trois mois au pouvoir, et, en 184g, une Histoire de la Révolution de 1848; il ajouta, coup sur coup, et en nombre de volumes, une Histoire de la Restauration, une Histoire des Constituants, une Histoire de César, une Histoire de Turquie, une Histoire de Russie.

11 se mit à rédiger des Vies d'hommes illustres, Antar, Abélard, Gutenberg, Christophe Colomb, Cromwell, Guillaume Tell, Bossuet, Fénelon.... Il essaya du théâtre avec un drame sur Toussaint Louverture. De 1856 à i86y, il institua par livraisons un Cours familier de Littérature.

Rien n'y fit, car, plus il produisait, plus le public s'éloignait de lui. Il y eut des souscriptions aux œuvres complètes, des sortes de sociétés par actions, des loteries même. Rien ne put empêcher Saint-Point et Milly d'être aliénés, ni le grand poète de vieillir dans la pire détresse. Dans sa séance du 9 avril i86y, le Corps législatif lui vota une donation viagère d'un demi-million, et la Ville de Paris mit à sa disp isition un pavillon à Passy, près de La Muette. Cette double mesure se produisit tardivement! Déjà Lamartine, anéanti par tant de labeurs et d'efforts, n'était plus qu'une image de luimême et n'aurait pas été en état d'accepter ou de refuser. Il acheva de mourir le 28 février i86ç.

La France ne s'était montrée ni reconnaissante ni généreuse envers celui qui l'avait tant servie par sa magnifique éloquence et ses qualités d'homme d'État de premier ordre, envers celui surtout qui avait renouvelé notre poésie par les ineffables effusions lyriques des Méditations et des Harmonies.

MÉDITATIONS POETIQUES

Lorsqu'il parut en 1820, le recueil des Méditations ne comportait qu'une vingtaine de pièces. Plus tard, afin de grossir le volume et de lui attribuer une importance matérielle sensiblement égale à celle de ses autres œuvres, Lamartine l'augmenta d'un certain nombre de poèmes de diverses époques, ou antérieures ou plus récentes, où Von ne sent plus ni son inspiraticni d'alors, ni le souvenir d'Elvire. C'est en quelque sorte restituer aux Méditations leur aspect et leur accent primitifs de ne donner que les plus admirables vers dti petit livre primitif.

MÉDITATIONS POÉTIQUES

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