L'INFINI DANS LES CIEUX
C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes Font jaillir dans l'azur des milliers d'étincelles ; Qui, ravivant le ciel comme un miroir terni, Permet à l'œil charmé d'en sonder l'inûm ; Nuit où le firmament, dépouillé de nuages, De ce livre de feu rouvre toutes les pages : Sur le dernier sommet des monts, d'où le regard Dans un double horizon se répand au hasard, Je m'assieds eu silence, et laisse ma pensée Flotter comme une mer où la lune est bercée.
L'harmonieux éther, dans ses vagues d'azur.
Enveloppe les monts d'un fluide plus pur ;
Lem-s contours qu'il éteint, leurs cimes qu'il efiace.
Semblent nager dans l'air et trembler dans l'espace,
Comme on voit jusqu'au fond d'une mer en repos
L'ombre de son rivage onduler sous les flots.
Sous ce jour sans rayon, plus serein qu'une aurore,
A l'œil contemplatif la terre semble éclore ;
Elle déroule au loin ses horizons divers
Où se joua la maiu qui sculpta l'univers.
Là, semblable à la vague, une colline ondule ;
Là le coteau poursuit le coteau qui recule,
Et le vallon, voilé de verdoyants rideaux.
Se creuse comme un lit pour l'ombre et pour les eaux ;
Ici s'étend la plaine, où, comme sur la grève,
lia. vague des épis s'abaisse et se relève ;
Là, pareil au serpent dont les nœuds sont rompus.
Le fleuve, renouant ses flots iaterrompus.
Trace à son cours d'argent des méandres sans nomb:
Se perd sous la colline et reparaît dans l'ombre ;
Comme un nuage noir, les profondes forêts
D'une tache griaâtre ombragent les guérets.
Et plus loin, où la plage en croissant se reploie,
Où le regard confus dans les vapeurs se noie.
Un golfe de la mer, d'îles entrecoupé,
Des blancs reflets du ciel par la lune frappé.
Lamartine
Comme un vaste miroir brisé sur la poussière. Réfléchit dans l'obscur des fragments de lumière.
Que le séjour de l'homme est divin, quand la nuit
De la vie orageuse étouffe ainsi le bruit !
Ce sommeil qui d'en haut tombe avec la rosée
Et ralentit le cours de la vie épuisée,
Semble planer aussi sur tous les éléments.
Et de tout ce qui vit calmer les battements.
Un silence pieux s'étend sur la nature ;
Le fleuve a son éclat, mais n'a plus son murmure ;
Les chemins sont déserts, les chaumières sans voix ;
Nulle feuille ne tremble à la voûte des bois ;
Et la mer elle-même, expirant sur sa rive,
Roule à peine à la plage une lame plaintive.
On dirait, en voyant ce monde sans échos.
Où l'oreille jouit d'un magique repos.
Où tout est majesté, crépuscule, silence.
Et dont le regard seul atteste l'existence.
Que l'on contemple en songe, à travers le passé.
Le fantôme d'un monde où la vie a cessé.
Seulement, dans les troncs des pins aux larges cimes,
Dont les groupes épars croissent sur ces abîmes.
L'haleine de la nuit, qui se brise parfois.
Répand de loin en loin d'harmonieuses voix.
Comme pour attester, dans leur cime sonore,
Que ce monde assoupi palpite et vit encore.
Un monde est assoupi sous la voûte des cieux? '
Mais dans la voûte même où s'élèvent mes yeux.
Que de mondes nouveaux, que de soleils sans nombre.
Trahis par leur splendeur, étincellent dans l'ombre I
Les signes épuisés s'usent à les compter,
Et l'âme infatigable est lasse d'y monter I
Les siècles, accusant leur alphabet stérile.
De ces astres sans fin n'ont nommé qu'un sur mille ;
Que dis-je ! aux bords des cieux ils n'ont vu qu'ondoyer
Les mourantes lueurs de ce lointain foyer :
Là l'antique Orion, des nuits perçant les voiles.
Dont Job a le premier nonmié les sept étoiles ;
Le navire fendant l'éther silencieux,
Le bouvier dont le char se traîne dans les cieux,
La lyre aux cordes d'or, le cygne aux blanches ailes
Harmonies Poétiques ID7
Le coursier qui du ciel tire des étincelles, La balance inclinant son bassin incertain, Les blonds cheveux livrés au souffle du matin, Le bélier, le taureau, l'aigle, le sagittaire. Tout ce que les pasteurs contemplaient sur la terre. Tout ce que les héros voulaient éterniser. Tout ce que les amants ont pu diviniser, Transporté dans le ciel par de touchants emblèmes. N'a pu donner des noms à ces briilants S3^tèmes.
Les cieux pour les mortels sont un livre entr'ouvert
Ligne à ligne à leurs yeux par la nature offert ;
Chaque siècle avec peine en déchiffre une page.
Et dit : Ici finit ce magnifique ouvrage !
Mais sans cesse le doigt du céleste écrivain
Tourne un feuillet de plus de ce livre divin.
Et l'œil voit, ébloui par ces brillants mystères,
Étinceler sans fin de plus beaux caractères.
Que dis-je? à chaque veille, un sage audacieux
Dans l'espace sans bords s'ouvre de nouveaux cieux:
Depuis que le cristal qui rapproche les mondes
Perce du vaste éther les distances profondes,
Et porte le regard, dans l'infini perdu.
Jusqu'où l'oeil du calcul recule confondu,
Les cieux se sont ouverts comme une vGûte sombre
Qui laisc?e en se brisant évanouir son ombre ;
Ses feux, multipliés plus que l'atome errant
Qu'éclaire du soleil un rayon transparent,
Séparés ou groupés, par couches, par étages,
En vagues, en écume, ont inondé ses plages,
Si nombreux, si pressés, que notre œil ébloui.
Qui poursuit dans l'espace im astre évanoui,
Voit cent fois, dans le champ qu'embrasse sa paupière.
Des mondes circuler en torrents de poussière !
Plus loin sont ces lueurs que prirent nos aïeux
Pour les gouttes du lait qui nourrissait les dieux }
Ils ne se trompaient pas : ces perles de lumière.
Qui de la nuit lointaine ont blanchi la carrière,
Sont des astres futurs, des germes enflammés
Que la main toujours pleine a pour les temps semés
Et que l'esprit de Dieu, sous ses ailes fécondes.
De son ombre de feu couve au berceau des mondes.
C'est de là que prenant lew vol au jour écrit.
1^0 Lamartine
Comme un aiglon nouveau qui s'échappe du nid. Ils commencent sans guide et décrivent sans trace L'ellipse radieuse au milieu de l'espace, Et vont, brisant du choc un astre à son déclin. Renouveler des cieux toujours à leur matin.
Et l'homme cependant, cet insecte invisible, Rampant dans les sillons d'un globe imperceptible, Mesure de ces feux les grandeurs et les poids. Leur assigne leur place, et leur route, et leurs lois. Comme si, dans ses mains que le compais accable. Il roulait ces soleils comme des grains de sable ! Chaque atome de feu que dans l'immense éther. Dans l'abîme des nuits, l'œil distrait voit flotter, Chaque étincelle errante aux bords de l'empyrée, Dont scintille en mourant la lueur azurée. Chaque tache de lait qui blanchit l'horizon. Chaque teinte du ciel qui n'a pas même un nom, Sont autant de soleils, rois d'autant de systèmes. Qui, de seconds soleils se couronnant eux-mêmes, Guident, en gravitant dans ces immensités. Cent planètes brûlant de leurs feux empruntés, Et tiennent dans l'éther chacun autant de place Que le soleil de l'homme en tournant en embrasse. Lui, sa lune et sa terre, et l'astre du matin, Et Saturne obscurci de son anneau lointain !
Oh ! que tes cieux sont grands ! et que l'esprit de l'homme
PHe et tombe de haut, mon Dieu ! quand il te nomme !
Quand, descendant du dôme où s'égaraient ses yeux.
Atome, il se mesure à l'infini des cieux,
Et que, de ta grandeur soupçonnant le prodige.
Son regard s'éblouit, et qu'il se dit : Que suis-je?
Oh ! que suis-je. Seigneur ! devant les cieux et toi ?
De ton immensité le poids pèse sur moi.
Il m'égale au néant, il m'efface, il m'accable.
Et je m'estime moins qu'un de ces grains de sable
Car ce sable roulé par les flots inconstants.
S'il a moins d'étendue, hélas ! a plus de temps.
Il remplira toujours son vide dans l'espace
Lorsque je n'aurai plus ni nom, ni temps, ni place.
Son sort est devant toi moins triste que le mien :
L'insensible néant ne sent pas qu'il n'est rien,
Harmonies Poétiques 169
H ne se ronge pas pour agrandir son être, Il ne veut ni monter, ni juger, ni connaître ; D'un immense désir il n'est point agité ; Mort, il ne rêve pas une Immortalité ! Il n'a pas cette horreur de mon âme oppressée, Car il ne porte pas le poids de ta pensée.
Hélas ! pourquoi si haut mes yeux ont-ils monté?
J'étais heureux en bas dans mon obscurité ;
Mon coin dans l'étendue et mon éclair de vie
Me paraissaient un sort presque digne d'envie ;
Je regardais d'en haut cette herbe ; en comparant.
Je méprisais l'insecte et je me trouvais grand.
Et maintenant, noyé dans l'abîme de l'être.
Je doute qu'un regard du Dieu qui nous fit naître
Puisse me démêler d'avec lui, vil, rampant.
Si bas, si loin de lui, si voisin du néant !
Et je me laisse aller à ma douleur profonde.
Comme une pierre au fond des abîmes de l'onde ;
Et mon projDre regard, comme honteux de soi.
Avec un vil dédain se détourne de moi,
Et je dis en moi-même à mon âme qui doute :
Va, ton sort ne vaut pas le coup d'œil qu'il te coûte I
Et mes yeux desséchés retombent ici-bas,
Et je vois le gazon qui fleurit sous mes pas.
Et j'entends bourdonner sous l'herbe que je foule
Ces flots d'êtres vivants que chaque sillon roule :
Atomes animés par le souffle divin.
Chaque rayon du jour en élève sans fin ;
La minute suffit pour compléter leur être,
Leurs tourbillons flottants retombent pour renaître ;
Le sable en est'vivant, l'éther en est semé.
Et l'air que je respire est lui-même animé !
Et d'où vient cette vie, et d'où peut-elle éclore
Si ce n'est du regard où s'allume l'aurore f
Qui ferait germer l'herbe et fleurir le gazon.
Si ce regard divin n'y portait son rayon?
Cet œil s'abaisse donc sur toute la nature !
H n'a donc ni mépris, ni faveur, ni mesure ;
Et devamt l'Infini, pour qui tout est pareil,
n est donc aussi grand d'être homme que soleil !
Et je sens ce rayon m' échauffer de sa flamme.
Et mou cœur se console, et je dis à mon âme î
i6o Lamartine
Homme ou monde, à ses pieds, tout est indifférent Mais réjouissons-uous, car notre* maître est grand I
Flottez, soleils des nuits, illuminez les sphères. Bourdonnez sous votre herbe, insectas éphémères Rendons gloire là-haut, et dans nos profondeurs, Vous par votre néant, et vous par vos grandeurs, ]ît toi par ta pensée, homme, grandeur suprême, Miroir qu'il a créé pour s'admirer lui-même, Écho que dans son œuvre il a si loin jeté Afin que son saint nom fût partout répété I Que cette humilité qui devant lui m'abaisse Soit un sublime hommage, et non une tristesse; Et que sa volonté, trop liante pour nos yeux. Soit faite sur la terre ainsi que dans les cieux !
Harmonies Poétiques i6i
JÉHOVAH ou L'IDÉE DE DIEU
SinM 1 Sinaï ! quelle nuit sur ta cime !
Quels éclairs, sur tes flancs, éblouissent les yeux !
Les noires vapeurs de l'abîme Roulent en plis sanglants leurs vagues dans tes cieux.
La nue enflammée
Où ton front se perd
Vomit la fumée
Comme un chaume vert ;
Le ciel d'où s'échappe
Éclair sur éclair,
Et pareil au fer
Que le marteau frappe.
Lançant coups sur coups
La nuit, la lumière.
Se voile ou s'éclaire.
S'ouvre on se resserre,
Comme la paupière
D'un homme en courroux.
Un homme, un homme seul, gravit tes flancs qui grondent
En vain tes mille échos tonnent et se répondent.
Ses regards assurés ne se détournent pas !
Tout un peuple éperdu le regarde d'en bas ;
Jusqu'aux lieux où ta cime et le ciel se confondent,
Il monte, et la tempête enveloppe ses pas I
Le nuage crève ; Son brûlant carreau JaiUit comme un glaivo Qui sort du fourreau.
Les foudres portées Sur ses plis mouvants.
Au hasard jetées Par les quatre vents.
Entre elles heurtéfîs.
Partent en tous sens.
102 Lamartine
Q)mme une volée D'aiglons aguerris Qu'un bruit de mêlée A soudain surpris.
Qui, battant de l'aile.
Volent pêle-mêle Autour de leurs nids, ' Et loin de leur mère, La mort dans leur serre, S'élancent de l'aire £n poussant des cris.
Le cèdre. s'embrase.
Crie, éclate, écrase Sa brûlante base Sous ses bras fumants ; La flamme en colonne Monte, tourbillonne.
Retombe et bouillonne En feux écumants ; La lave serpente.
Et de pente en pente Étend son foyer ; La montagne ardente Paraît ondoyer ; Le firmament double Les feux dont il luit ; Tout regcird se trouble.
Tout meurt ou tout fuit ; Et l'air qui s'enflamme, Repliant la flamme Autour du haut lieu.
Va de place en place Où le vent le chasse Semer dans l'espace Des lambeaux de feu !
Sous ce rideau brûlant qui le voile et Téclaire, Moïse a seul, vivant, osé s'ensevelir.
Quel regard sondera ce terrible mystère? Entre l'homme et le feu que va-t-il s'accomplir? Dissipez, vains mortels, l'efiEroi qui vous atterre I C'est Jéhovîih qui sort I II descend au milieu
Harmonies Poétiques i63
Des tempêtes et du tonnerre !
C'est Dieu qui se choisit son peuple sur la terre. C'est un peuple à genoux qui reconnaît son Dieu !
L'Indien, élevant son âme.
Aux voûtes de son ciel d'azur.
Adore l'étemelle flamme
Prise à son foyer le plus pur ;
Au premier rayon de l'aurore,
H s'incline, il chante, il adore
L'astre d'où ruisselle le jour ;
Et le soir, sa triste paupière
Sur le tombeau de la lumière
Pleure avec des larmes d'amour.
Aux plages que le Nil inonde.
Des déserts le crédule enfant.
Brillé par le flambeau du mondb.
Adore un plus doux firmament.
Amant de ses nuits sohtaires, Pour son culte ami des mystères, Il attend l'ombre dans les cieux, Et du sein des sables arides Il élève des pyramides Pour compter de plus près ses dieux.
La Grèce adore les beaux songes Par son doux génie inventés.
Et ses mystérieux mensonges, Ombres pleines de vérités.
Il naît sous sa féconde haleine Autant de dieux que l'âme humaine A de terreurs et de désirs ; Son génie, amoureux d'idoles. Donne l'être à tous les symboles.
Crée un Dieu pour tous les soupirs I
Sâhra ! sur tes vagues poudreuses.
Où vont, des quatre points des airs.
Tes caravanes plus nombreuses Que les sables de tes déserts?
C'est l'aveugle enfant du Prophète, Qui va seot fois frapper sa tête
IÔ4 Lamartine
Contre le seuil de son saint lieu.
Le désert en vain se soulève Sous la tempête ou sous le glaive :
Mourons, dit-il ; Dieu seul est Dieu
Sous les saules verts de l'Euphrate Que pleure ce peuple exilé?
Ce n'est point la Judée ingrate.
Les puits taris de Siloé :
C'est le culte de ses ancêtres.
Son arche, son temple, ses prêtres, Son Dieu qui l'oublie aujourd'hui ; Son nom est dans tous ses cantiques, Et ses harpes mélancoliques Ne se souviennent que de lui.
Elles s'en souviennent encore, Maintenant que des nations Ce peuple exilé de l'aurore Supporte les dérisions !
En vain, lassé de le proscrire.
L'étranger d'un amer sourire Poursuit ses crédules enfants ; Comme l'eau buvant cette offense.
Ce peuple traîne une espérance Plus forte que ses deux mille ans !
Le sauvage enfant des savanes.
Informe ébauche des humains.
Avant d'élever ses cabanes.
Se façonne un dieu de ses mains.
Si, chassé des rives du fleuve Où l'ours, où le tigre s'abreuve.
Il émigré sous d'autres cieux.
Chargé de ses dieux tutélaires :
Marchons, dit-il, os de nos pères, La patrie est où sont les dieux !
Et de quoi parlez-vous, marbres, bronzes, portiques
Colonnes de Palmyre*ou de Persépolis,
Panthéons sous la cendre ou l'onde ensevelis.
Si vides maintenant, autrefois si remplis?
Et vous, dont nous cherchons les lettres symboliques.
D'un passé sans mémoire incertaines reliques.
Harmonies Poétiques i65
..ly stères d'un vieux monde en mystères écrits? Et vous, temples debout, superbes basiliques. Dont un souffle divin anime les parvis ?
Vous nous parlez des dieux ! des dieux ! des dieux encore I Chaque autel en porte un, qu'un saint délire adore, Holocauste étemel que tout lieu semble offrir. L'homme et les éléments, pleins de ce seul mystère. N'ont eu qu'une pensée, une œuvre sur la terre : Confesser cet être et mourir I
Mais si l'homme occupé de cette œuvre suprême Épuise toute langue à nommer le seul Grand, Ah ! combien la nature, en son silence même. Le nomme mieux encore au cœur qui le comprend ! Voulez-vous, ô mortels, que ce Dieu se proclame? Foulez aux pieds la cendre où dort le Panthéon Et le livre où l'orgueil épelle en vain son nom ! De l'autre du matin le plus pâle rayon Sur ce divin mystère éclaire plus votre âme Que la lampe au jour faux qui veille avec Platon.
Montez sur ces hauteurs d'où les fleuves descendent» Et dont les mers d'azur baignent les pieds dorés, A l'heure où les rayons sur leurs pentes s'étendent, Comme un filet trempé ruisselant sur les prés.
Quand tout autour de nous sera splendeur et joie. Quand les tièdes réseaux des heures de midi. En vous enveloppant comme un manteau de soie. Feront épanouir votre sang attiédi ;
Quand la terre, exhalant son âme balsamique. De son parfum vital enivrera vos sens.
Et que l'insecte môme, entonnant son cantique. Bourdonnera d'amour sur les bourgeons naissants ;
Quand vos regards noyés dans la vague atmosphère. Ainsi que le dauphin dans son azur natal, Flotteront incertains entre l'onde et la terre. Et des cieux de saphir et des mers de cristal.
Écoutez dans vos sens, écoutez dans votre âme, Et dans le pur rayon qui d'en haut vous a lui : Et dites si le nom que cet h5rmne proclame N'est pas aussi vivant, aussi divin que lui \
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