CHANSON
de madame DeshouUères.
la cour Aimer est un Ladinage,
Et l'amour N'est dangereux qu'au nllage.
Un berger, Si sa bergère n'est tendre
Sait se pendre; Mais il ne sait point changer; Et parmi nous, quand les belles Sont légères ou cruelles, Loin d'en mourir de dépit.
On en rit, Et l'on change aussitôt qu'elles.
REPONSE de Sénecé.
^ yez la bonté de me dire ^^-' De quel crime la cour est coupable à vos yeux. Pour la décréditer par la fine satire i.;^:^^^ De vos portraits ingénieux ?
Ah î devenez plus juste, et, s'il se peut, plus tendre, Ou l'amour, ce grand artisan De choses qu'on ne peut comprendre.
Vous fera voir un courtisan Moins prêt à changer qu'à se pendre.
Quel inconvénient dans l'heureux assemblage
Qui pourrait fournir tour à tour
La politesse de la cour.
Et la bonne foi du village ?
Un seul de ces talents n'est point assez pour vous ; Quand un berger se rend à l'amoureuse flamme, Il se rend en aveugle à ce penchant si doux , Et sans savoir pourquoi livre toute son âme ; Mais un homme éclairé par la réflexion Augmente son ardeur, accroît sa passion : D'un fin discernement la puissance suprême Fait sentir chaque jour des feux renouvelés. Quelle perte pour vous, Iris, quand on vous aime, Si l'on ne connoit pas tout ce que vous valez !