IDA M A.N T E
Comment ! qui .' moi , que je vous fuie ! Tous redoublez l'effroi dont mon ame est saisie. Quel étrange discours! qu'ai-je donc fait, seigneur.* Vous détournez de moi la vue avec horreur. Reprochez-vous au ciel , après dix ans d'absence, Le moment qui vous rend à mon impatience.' Quoi ! si cher autrefois à vos yeux attendris , Idamante, seigneur, n'est-il plus votre fils?
idoménÉe.
Si je t'aime! Idamante ! ah ! douleur qui me tue ! ,Te ne puis te quitter ni soutenir ta vue. Si je t'aime ! jamais , non , jamais à mes yeux ïu ne parus plus cher, j'en atteste les dieux ! Va, c'est moi que je hais , c'est moi que je déteste , C'est moi que doit punir la vengeance céleste. O Neptune! pourquoi prolongeas-tu mon sort? Tu m'as perdu : rends-moi le naufrage et la mort.
IDAMANTE.
Ah! vousmeremplissezdel'horreurqui vous pnsse. Ce mélange inoui de douleur, de tendresse , Dont je vois vos esprits agités tour-à-tour, Ce remords, cette haine et de vous et du jour... Ah ! daignez m'éclaircir du secret qui vous pesé.
IDOMENEE.
Si ta savois... ! O ciel! que ma douleur t'appaise.'
IDAMANTE.
Quel que soit ce secret, c'est trop me le cacher : Votre cœur dans le mien craint-il de s'épancher .•• Parl»?z, mon père.