SCENE IL LE GRAND-PRETRE, IDOMËNLE
LIDOM É N É E.
E grand-prètre...! Où viens-tu, ministre de nos dieux ?
Je fuis ces bords, viens-tu m'arrèler dans ma fuite.' Qu'esperes-tu changer dans mon ame interdite.''
i(ji FRAGMENTS D'IDOMÉNÉE.
La natnie a parlé, je n'entends que sa voix ; Penses-tu dans mon cœur l'emporter sur ses lois? Quels que soient les malheurs que ta bouche m'annonce , Avant de t'expliquer tu connois ma réponse.
LE GRAND-rRÊTRE.
Plût aux dieux sous vos pas fermer l'abîme ouvert ! Vous vove/,, aux ennuis dont mon front est couvert , Qu'à peine je soutiens l'aspect d'Idoménée: Du sort qui vous attend mon ame est consternée ■, ÎNIais aux li)is de ce temple un vœu vous a soumis., Il faut verser le sang que vous avez promis.
idomÉnÉe.
Q u'entends-j e .'' dieux cruels !
LE orAND-prÈtre, d\iu ton lent.
Neptune le commande ; Oser lui refuser le sang; qu'il vous demande , C'est aujourd'hui sur vous, sur ce peuple inaoceut. Appesantir le bras de ce dieu tout-puissant. Je l'invoquois , seigneur, au fond du sanctuaire , Lui-même il a soudain repoussé ma prière; L'autel s'est obscurci , le jour ne s'est porté Que sur ce monument antique et redouté , Qui deLaomédon retrace la mémoire, Et de son cbàliment éternise l'histoire: Neptune annonce ainsi ses ordres absolus . Et les c<uips dont son bras menace vos refus.
IDOMÉNÉE
Quoi ! barbare!
LE GRAND-PRKTRE.
Songez qu'il punit le parjure, Que sur le (ils d'Ilus il vengea son injure ; De ce malheureirx roi craignez le triste sort : Toyez sur ces climats les vents souffler la mort ,