LE GRAND-PRÊTRE
Seigneur, ab! c'est de vos sujets :
Le ciel , qui vous chargea de ces grands intérêts, Vous prescrit avant tout l'amour de la patrie. Veiller sur les humains que l'état vous confie. C'est le devoir des rois , c'est la loi de leur rang. Le ciel n'a point borné leur famille à leur sang ; Leur peuple est la première, et votre ame inquiète Se doit dans ces moments tout entière à la Crète. Iriez-vous l'accabler par des malheurs affreux, lin osant disputer contre le choix des dieux .'' Si sur votre passage un destin nioius sévère N'eiit mis, au lieu d'un lils, qu'une tête étrangère, Votre coeur, aux dépens d'un sang indifférent , Alors envers le ciel s'acquittoit aisément ; Cependant vous plongiez, d'une main meurtrière, Dans le deuil et les pleurs une famille entière : Le sort tombe sur vous, vous souffrez ce qu'ailleurs A'uus versiez d'amertume, et laissiez de malheurs.
194 T'RAGMENTS D'IDOMÉNÉE.
C'est ainsi qn'appaisant J'éternelle justice, Il faut que votre vœu devienne un sacrilice ; Gémissez , mais cédez : le doute où j e voi7s vois Expose votre lils, et ce peuple à la fois ; Hâtez-vous de choisir, et dans votre infortune, Nouveau Laomédon, n'irritez point Neptune.
FIN DES FRAGMENTS d'iDOMÉnÉE.