I, A. CHASSE
L'air siffle, le plomb vole, et l'oiseau prend la fuite ; Le lièvre, par élan, se hâte vers son gîte ; Du sort de ses pareils l'un et l'autre effrayé : IJes chasseurs court- vêtus je vois 1 essaim à pié Sur les pas empressés de leurs chiens hors d'haleine- L'un parcourt les taillis, l'autre arpente la plaine. J'entends dans le lointain plus de tumulte encor Le galop des coursiers, le son bruyant du cor ; llien n'arrête la troupe à la course éprouvée. L'ardeur du jour, la faitn , et la soif est bravée : ( )n traverse un courant , on gravit sur les monts , On pénètre en un bois , on se jette en des fonds ; Les chiens intelligents suivent dans leur audace Les esprits qu'un chevreuil a laissés sur sa trace : Le chasseur forcené court sus, tout haletant ; Il tourne à droite, à gauche; et, se précipitant, Souvent loin de sa meute il erre, il s'abandonne, Et nevoit déplaisir qu'au tourment qu'il se donne(i).
Auîaut la chasse est vive, ardente en ses plaisirs Autant l'art de la pêche est lent dans ses loisirs.
(i) ■Vo)e7., sur le même sujet, les Saisons de Saint- Lambert , les Mois de Rouchcr , l'Homme des Champs de M. Delille , et la traduction de la Forêt de Windsor, par M. de Boisjolin.
DU POEME DES FASTES. S
La guerre qu'on vous livre, hôtes muets de roiiJ<' , Au bord de ces étangs semble une paix profonde; On plonge dans les eaux Thamecon qu'on vous tend : Point de sang répandu, point d'objet révoltant. De l'appât présenté le petit peuple avide Croit prendre , est pris lui - même au bout du fer
perfide.
Dans le courant dun fleuve a-t-on jeté les rets : Ils sortent tous chargés et ployés sous le faix ; Le poisson s'y débat : mais , des ondes ameres Qu'un transfuge soit pris dans ces eaux étrangères, Il meurt Jibre au sortir du filet retiré , Et n'attend 2)oint en hiche un trépas assuré (I^. ( Chant XII. )