‹ Œuvres choisiesChapitre 230 sur 244 · A UNE FEMME DE LETTRES · texte numérisé non relu

A UNE FEMME DE LETTRES

Eu lui envoyant un sac à ouvrage avec des aiguilles.

/ *- NOS chants , Sapho , tu présides ; Du dieu des vers le luth savant Est entre tes doigts plus souvent Que l'aiguille des Miuéides; Et je t'offre un foiblc présent Qu'on ne fait qu'à des mains timides.

Ne le dédaigne pas pourtant;

Tu sais qae cette altiere fille Du puissant cerveau de Jupin Aux lieureux travaux de l'aiguiile Pins d'une fois prêta sa main ; Tu sais combien cet art divin Cbaruia la jalouse déesbc ; Jusqu'où son orgueil indigné Qu'on eût égalé sou adresse Porta sa fureur vengeresse Sur l'industrieuse Araclinc :

On dit qu'à la sceur de Progné, Aux plus affreux tcurnients livrée.

L'aiguille , au défaut de la voix .

Servit d'interprète autrefois Contre les fureurs de Téréc.

Elle seu'.e, pendant dix ani , Tint Pénélope eu exercice ; Et, malgré vingt rivaux ardents, Cette arme , funeste aux galants , Sauva l'honneur du frout d'Lîlvsse.

Il est cent chefs-d'a-uvres épars Qu'il nos yeux surpris elle étale ; Ses travaux soni au rang des arts; Du pinceau l'aiguille est rivale.

Pour les dieux elle eut des appas.

Dans tes loisirs qu'elle te serve l Tu seras quelquefois Pallas , Mais tn seras touiours Miuerve.

i68 POESIES DIVERSES.

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