‹ Œuvres choisiesChapitre 233 sur 244 · LE SERIN · texte numérisé non relu

LE SERIN

NE beauté obère à Catulle Rafola jadis d'un moineau, Malgré le fredon ridicule Et la roture de l'oiseau ; Vous, placez mieux votre tendresse- Celai que votre main caresse Est un oiseau de qualité :

Par sou chant, par sa gentilless-e, Uigne d'être par-tout fêté , C'est le héros de son espèce :

Aussi charme-t-il sa maîtresse ; Sur-tout quand de vos doigts mignon liUi prêtant des grâces nouvelles , Vous lui faites des échelons Qu'il parcourt en battant des ailes.

Votre jeune cœur en est fou.

Il voltige sur la toilette ; Il est sur le sein , sur le cou :

Sur la tête il vous sert d'aigrette.

Qu'il vous défrise, il est baisé Entre V(^s lèvres demi-closes; Et le bec dn petit rusé

Semble pomper le sac des roses.

Quoi donc! l'oiseau si renommé Pour avoir su plaire à Lesbie Cède au serin , non moins aimé , Qui cbarme votre fantaisie?

Noa , le cbenevis parfumé , Et le nectar, et l'ambrosie , Qui nourrit le moineau laliu Daas les bocages d'Idalie, Selon moi ne vaut pas un grain Du millet pris dans votre main Par l'oiseau dont la mélodie Et l'aimable mutinerie ■Vous amusent soir et matin.

Quaad vous recevrez d'hyménée Nouveau titre el nouveau destin, Heureux qui dans cette journée Prendra la place du serin !

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