LE SERIN
NE beauté obère à Catulle Rafola jadis d'un moineau, Malgré le fredon ridicule Et la roture de l'oiseau ; Vous, placez mieux votre tendresse- Celai que votre main caresse Est un oiseau de qualité :
Par sou chant, par sa gentilless-e, Uigne d'être par-tout fêté , C'est le héros de son espèce :
Aussi charme-t-il sa maîtresse ; Sur-tout quand de vos doigts mignon liUi prêtant des grâces nouvelles , Vous lui faites des échelons Qu'il parcourt en battant des ailes.
Votre jeune cœur en est fou.
Il voltige sur la toilette ; Il est sur le sein , sur le cou :
Sur la tête il vous sert d'aigrette.
Qu'il vous défrise, il est baisé Entre V(^s lèvres demi-closes; Et le bec dn petit rusé
Semble pomper le sac des roses.
Quoi donc! l'oiseau si renommé Pour avoir su plaire à Lesbie Cède au serin , non moins aimé , Qui cbarme votre fantaisie?
Noa , le cbenevis parfumé , Et le nectar, et l'ambrosie , Qui nourrit le moineau laliu Daas les bocages d'Idalie, Selon moi ne vaut pas un grain Du millet pris dans votre main Par l'oiseau dont la mélodie Et l'aimable mutinerie ■Vous amusent soir et matin.
Quaad vous recevrez d'hyménée Nouveau titre el nouveau destin, Heureux qui dans cette journée Prendra la place du serin !