I.'honnenr
Quelle loi peut jamais paroitre indifférente. Dès qu'on voit le dessein de la rendre insultante ?
Quels sont les gens de cœur, au courage nourris. Dont le sang ne s'enflaniine aux marques du mépris? Et c'est un peuple entier, né pour l'indépendance, Dont tu peux à ce point tenter la patience , Qu'à tant d'indignités tu crois accoutumer! Est-ce trop peu pour toi que d'oser l'opprimer? Songe-s-y bien , Ge.ssler, rien n'est long-temps
extrême :
L'arc qu'on lient trop tendu se brise de lui-même ; Et, lorsqu'à cet excès l'esclavage est monté, L'esclavage, crois-moi , touche à la liberté.
Rebelle! j'ai souffert troj) long-lemps ton audace ; Au lieu de m'iniplorer, de demander ta grâce. D'aller la mériter en remplissant ma loi , En saluant l'image oii j'ai voulu...
TELL
Qui? moi ?
Moi ! j'irois réparer l'outrage chimérique Que croit avoir reçu ton orgueil despotique! J'irois me démentir! méprisable k la fois, De braver en un jour et de suivre tes lois ! Ne crois pas à ce point abaisser mon courage. En refusant , Gessli'r, de te rendre l'hommage Que tu viens d'exiger de ce peuple avili, J'ai soutenu nos droits qu'il mettoit en oubli ; J'ai vengé mon jiays des jeux de ton ca{)rice , J'ai montré que l'honneur est encor dans la Suisse. Nous avons trop long-temps souffert de tes dédains , Et je perdrois ici des reproches trop vains ; Mais si ce jour eût vu commencer nos outrages, Je te dirois : Gessler, vois mieux tes avantages, Connois un autre orgueil et plus noble et plus grand, Renonce le premier aux respects qu'on te rend , P^t songe , en rougissant de la honte où nous sommes. Que ce n'estpas ainsi qu'on commande à des hom m t'.'^.