L'AUTRUCHE
ANGEZ-vous tous, je vais voler, Crioit une Autruche pesante;
Et les oiseaux de reculer,
Dans la plus curieuse attente.
« Allons, suivez-moi bien des yeux,
Vous verrez si je tiens parole.
Je vais fendre l'azur des deux;
C'est pour le coup que je m'envole.
Gare, gare!... « En disant ces mots, Que sifflent l'alouette et quelques hirondelles,
Elle étend lourdement ses ailes, Trop courtes de moitié pour des projets si beaux. Infructueux efforts! cramponnée à la terre.
Ses pieds servent mal ses projets;
Elle sillonne la poussière, Et, s'agitant toujours, ne s'élève jamais.
Ces disgrâces sont ordinaires.
Et chez le peuple auteur on ne voit que cela.
Combien d'autruches littéraires
Disent : « Je vole », et restent là!