‹ Œuvres choisiesChapitre 50 sur 67 · LA NAISSANCE DE L'AMITIÉ · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE DE L'AMITIÉ

Pallas, la noble déesse, Dans son temple seule un jour, Pour le dieu de la tendresse Voyoit déserter sa cour :

De tout temps à la sagesse L'Amour a fait plus d'un tour.

« Quoi donc! un enfant, dit-elle, Contre moi viendra s'armer!

Osons, pour vaincre un rebelle, Comme lui plaire et charmer; La vertu sera plus belle, Si la vertu sait aimer.

« Tendre Amitié, viens sourire A l'homme, à la terre, aux ciei|x; Que les cœurs soient ton empire; Vois tes autels en tous lieux; Qu'en toi l'univers admire Le plus beau présent des cieux! »

Elle dit : à sa parole, L'Amitié naît et sourit; Le crime effrayé s'envole; En chœur l'Olympe applaudit; Et, de l'un à l'autre pôle, Tout le globe s'embellit.

Sa beauté, touchante et fière, Du méchant blesse les yeux; Sa voix, mieux que le tonnerre, Fait des hommes vertueux; Et le sage, sur la terre.

Ne se croit plus malheureux.

VERS

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