LA NAISSANCE DE L'AMITIÉ
Pallas, la noble déesse, Dans son temple seule un jour, Pour le dieu de la tendresse Voyoit déserter sa cour :
De tout temps à la sagesse L'Amour a fait plus d'un tour.
« Quoi donc! un enfant, dit-elle, Contre moi viendra s'armer!
Osons, pour vaincre un rebelle, Comme lui plaire et charmer; La vertu sera plus belle, Si la vertu sait aimer.
« Tendre Amitié, viens sourire A l'homme, à la terre, aux ciei|x; Que les cœurs soient ton empire; Vois tes autels en tous lieux; Qu'en toi l'univers admire Le plus beau présent des cieux! »
Elle dit : à sa parole, L'Amitié naît et sourit; Le crime effrayé s'envole; En chœur l'Olympe applaudit; Et, de l'un à l'autre pôle, Tout le globe s'embellit.
Sa beauté, touchante et fière, Du méchant blesse les yeux; Sa voix, mieux que le tonnerre, Fait des hommes vertueux; Et le sage, sur la terre.
Ne se croit plus malheureux.
VERS