‹ Œuvres choisiesChapitre 48 sur 121 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CALISTE, MONTALDE.

CALISTE

Non, je ne puis souffrir le départ du perfide. Ne me demandez point quel intérêt me guide ; Ce monstre malgré moi préside à mes destins. Quil demeure... il le faut.

MONTALDE.

Madame , que j e crains . . .

CALISTE

Il fuit?

MONTALDE.

Déjà la voile aux vents abandonnée...

Mais de quel soin votre ame est-elle importunée? Ah ! que Lothario quitte à jamais ces bords ! Cruel dans ses forfaits , il Test dans ses remords,

CALISTE

Quel discours !

MONTALDE.

Pardonnez... votre vertu... son crime.

3o6 CALISTE.

CALISTE

J'entends! il a comblé le malheur qui m'opprime!

De son lâche triomphe il a semé le bruit!

On ose m'en parler! Montalde en est instruit!

Ah! du moins, inconnue au milieu de mes peines,

Je cachois dans la nuit la honte de mes chaînes !

Mais qu'un monstre , aux affronts dont il put m'accabler.

Ajoute encor celui d'oser les révéler;

Qu'il veuille que Caliste , en spectacle livrée ,

Aux yeux du monde entier vive déshonorée,

Qu'il m'oblige à souffrir, dans ces moments d'horreurs ,

L'offensante pitié du témoin de mes pleurs ;

C'en est trop! Je succombe à cet excès d'injure.

MONTALDE.

Le repentir...

N'est point dans son ame parjure.

O ciel ! Et sur nos bords j'allois le retenir ! Non , non : je m'abandonne à mon triste avenir. Ah ! tout cède au tourment de le voir, de l'entendre ! . . . Qu'eût-il fait, après tout, et qu'en pouvois-je attendre? Sa haine et son amour ont d'égales fureurs. Oui, qu'il fuie et me laisse à toutes mes douleurs. Le regret n'a point part au oourroux qui m'anime ; Il est affreux d'aimer ceux que l'on mésestime.

MONTALDE.

Lothario...

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