SCÈNE IL
CALISTE, seule.
Cruelle destinée , Je suis donc sans retour à tes lois enchaînée! Du gouffre de mes maux de quel côté sortir ? Quoi ! par-tout des forfaits ! par-tout le repentir ! Dans le temple où m'entraîne un père inexorable Il faut m'humilier sous le joug qui m'accable ! Il faut à mon pays sacrifier l'honneur ! Tout, jusqu'à la vertu, coûte un crime à mon cœur. D'un sexe impérieux esclaves que nous sommes ,
3o8 CALISTE.
Dépendrons-nous toujours du caprice des hommes? Chez eux , les noms sacrés et de père et d'époux Nous cachent des tyrans ou des maîtres jaloux. Heureuses cependant lorsque notre imprudence Des titres de Tamour n'accroît pas leur puissance ! Ces fiers adorateurs , ces superbes mortels , Sous le feux nom d'amants sont encor plus cruels.