‹ Œuvres choisiesChapitre 82 sur 121 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

CALISTE, seule.

Il fuit!

Mourons , ne tardons plus ; tout espoir est détruit. Mais quelle solitude enferme la victime ! Hélas ! le remords seul accompagne le crime : Le plus vil des humains , au terme de ses jours , Voit d'autres malheureux lui prêter des secours :

35a CALISTE.

Et moi , seule en ces murs , tremblante , consternée , De Tunivers entier je meurs abandonnée!

Le souffle de ma vie est prêt à s'exhaler.

(regardant le tombeau de Lothario.)

Et c'est sur ce tombeau que mon sang doit couler !

L'autel est, après tout, digne du sacrifice.

Non, non; la mort pour moi ne peut être un supplice.

(Elle prend U coupe.)

Que sais-je, en préparant ces poisons destructeurs, Peut-être que mon père y mêla quelques pleurs... Ah ! cette douce idée affermit mon courage !

( Elle boil le poison , et dit , après un silence : )

C'en est fait; et la mort est enfin mon partage. Déjà d'un voile épais mes yeux sont obscurcis... Où vais-je? où reposer mes pas appesantis? Où me traîner? Je cède... et ma force succombe.

(En s'ëgarant , elle arrive au pied du tombeau, où elle se précipite.)

Maisoù suis-je?... ah! grands dieux! aupieddecette tombe..

(Elle élève ses mains vers le ton\beau , et s'écrie:)

Infortuné mortel que je n'ose nommer, Dont j'ai plaint le trépas... que mon cœur put aimer, Au fond de ton cercueil tu triomphes encore ! Plus coupable que moi , c'est toi que je déplore.

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