DE L'AMOUR ARDENT
Au feu qui mon cueur a choisy, Jectez-y, ma seule déesse.
DE CLEMENT MAROT. i33
De l'eaa de grâce, et de liesse , Car il est consommé quasy.
Amour l'a de si pies saisv, Que force est qu'il ciye sans cesse Au feu.
Si par vous en est dessaisy, Amoui- luy doint plus grant destresse , Sijamaiz sert aultre maistress:- :
Doncques ma dame courez-y Au feu.
DE LA JEU>E da:me QUI HA r:>G VIEIL :mar.y.
Ey languyssant, et en grieire tristesse Vit mon las cueur, jadis plein de liesse: Puis qvie l'on nî'a donné mary vieillard. Helas pourquoy.** ncJÏ ne scayt du viei lart. Qu'apprend Venus Famoureuse déesse.
Par ung désir de mcn^trer ma prouesse Souvent l'assaulx : mais il demande, ou est-ce ? On dort, peult-estre, et nion cueur veille à part En langnyssant.
Puis, quand je vculx lui jouer de llnesse. Honte me dict, cesse ma fille, cesse, (iarde t'en bien, à honneur prends csgard : l.oi's jerespons, honte, allez à l'cscart : Je no veiix pas perdre ainsi ma jeunesse J"n languyssant.
i34 OiUVRES
DAULCU>tS NONXATNS, QUI SORTYRENT D¥ COUVENT POUR s'aLLER RECREER.
Hors an couvent, l'aultrehycr, sous la couldrette, Je rencontray mainte nonne proprette, Snyvant l'abbcsse en grant' dévotion :
Si cours après , et par affection Viivs aborder ia plui jeune et tendrette,
Je l'arraissontie, elle plainct et regrette Dont je congneus (certes) que la povrette Eust Lien voulu aultre vacation Hors du couvent.
Toutes avoient sous vestnre secrette Un tainct vermeil, une mine saffrette, Sans point avoir d'amour fruition.
Ha ( dy je lors) quelle perdition Se faict icy de ce, dont j'ai souffrette Hors du couvent.