TOME nr. a
Des jeunes gens les plus volages La beauté peut fixer les cœurs :
Si le temps rend les vieux plus sages , C'est en éteignant leurs ardeurs.
Un jeune chérit sa bergère, Sil est l'objet de tous ses vœux;
Mais pour un vieux ,
Mais pour un vieux U est plaisant quand il veut plaire ;
Maïs pour un vieux ,
Mais pour un vieux On rit de son air langoureux.
Le jeune peut jouir Sans cesse; Sa vie est un tiâsu de fleurs :
Le vieux déplaît à sa maîtresse , Même en achetant ses faveurs.
Le jeune , sans être un JVardsse , Parvient à charmer deux beaux yeux :
On quitte un vieux.
On quitte un vieux Avant qu'il se rende justice;
On quitte un vieux ,
On quitte un vieux Aussitôt qu'on peut trouva 'mieux.
Le vieux veut en vain par adresse Rappeler son tempérament :
Le jeune au gré de sa maîtresse Sait profiter du bon moment.
On est flatté de la tendresse De ceux qui la prouvent le mieux :
Sont-ce les vieux?
Sont-ce les vieux?
Us sont trompés par leur faiblesse ;
Sont-ce les vieux ?
Sont-ce les vieux?
Us sont las avant d'être beureux.
Près d'un tendron , pour peu qu'il ose , Le vieux n'a droit qu'à la ligueur; En voulant cueillir une rose Il lui fait perdre sa fraîcheur.
L'Amour s'en plaignit à sa mère Un jour, dit-on, la larme aux yeux.
Quand on est vieux ,
Quand on est vieux On devrait déserter Cjrthèrej
Quand on est vieux.
Quand on est vieux On fait fuir les Bis et les Jeux.
Sur sa beauté très-mal servie Un barbon garde le secret :
Quand on craint la plaisanterie Qu'il est aisé d'être discret!
Au bon goût c'est faire une injure Que de mépriser pour un vieux
Jeune amoureux.
Jeune amoureux Qui sort des mains de la Nature,
Jeune amoureux ,
Jeune amotireux Dont la force égale les feux.
Si la fontaine de Jouvence Pouvait couler pour Lattaignant, Ce nouveau Chaulieu de la France S'exprimerait bien autrement.
Prhs des siens oii l'esprit pétille Si l'on supporte mes couplets ,
C'est qu'ils sont vrais ,
C'est qu ils sont vrais ; J'en appelle au cœur d'une fille;
C'est qu'ils sont vrais ,
C'est qu'ils sont vrais :
Les vieux ne nous vaudront jamais.