‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 105 sur 165 · LES TROIS GUICHARD · texte numérisé non relu

LES TROIS GUICHARD

Al A : PrenoBi d*aboTd l'air bien raëchant.

A LA gloire des trois Bernard On connaît les vers de Voltaire ; A la gloire des trois Guichard Il me tarde aujourd'hui d'en &ire :

Qu'ils me pardonnent tous les trois La licence que je m'arroge; Leur plume , leur lyre , leur voix Sont les trois points de mon éloge.

Ce début trop complimenteur Leur fait faire un peu la grimace ; Je ne leur yeux point , en honneur»

Casser l'encensoir sur la face :

Du haut de mon petit trépié, Tout en buvant , comme un augure Je veux leur dire sans pitié Leur bonne ou mauvaise aventure.

Contre la verge du destin Cest vainement que tu regimbes > Conteur tant soit peu libertin; Guichard , je te vois dans les limbes. . . • De tes vers jojreux et piquans Uinfluence sera notoire, Puisqu'ils feront trouver le temps Rapide, même en purgatoire.

Toi , Guichard le compositeur.

Revenant à tes goûts antiques.

Tu feras dans le ciel en chœur Chanter tes motets angéliques ; Puis , pour rendre de Belzébuth Toute délation stérile.

Tu t'en iras pincer du luth En face de sainte Cécile.

Quant à toi , Guichard le chanteur, ^Puisque tu fais donner au diable Tout artiste et tout amateur Qui cherche un goût au tien semblable, Parmi les damnés on t'attend ; Mais ta voix charmant leurs supplices.

Les sombres états de Satan Deviendront des lieux de délices.

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