‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 128 sur 165 · PORTRAIT DE SOPHIE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE SOPHIE

IMITATlOlf DK LALLElHAlfD.

AIR : Dans la paix et Pinnorente.

Qui jamais de ma Sophie Pourrait peindre la fraîcheur?

Moi-même je me défie De bien rendre sa blancheur:

La comparerai-je au cygne Qui chante prêt à périr ?

La friponne , plus maligne , En chantant me fait mourir.

Mes amis, tous le dirai-je?

Ma Sophie à son réveil Eblouit comme la neige Qui lutte avec le soleil ; Et plus la nuit accumule De duvet sur son teint frais, Plus le matin mon cœur brûle D'aspirer tous ses attraits.

( 4^9 ) Ce beau lis qui doit à Flore Sa majesté, son parfiim, Languit et se décolore Sous le doigt trop importun:

Mais quand ma Sophie oppose A ma main son bras tremblant , De blanche qu'était la rose , Elle est rouge au même instant.

Si dans un bocage sombre Elle cherche un sommeil prompt, Mes baisers tombent sans nombre Sur l'ivoire de son front:

jEt je n'en reçois qu'un d'elle Alors qu'elle ouvre les yeux; Mais ce baiser de ma belle Sur ma parole en vaut deux.

Quoique sensible à l'extrême ,

Sophie a de la gaité;

Sophie a du marbre même

L'éclat et la fermeté.

Un statuaire idolâtre

Sut, au gré de son penchant,

Jadis animer l'albâtre:

Je m'amime en le touchant.

Oui» ma maltresse agréable Du lait pur a la couleur; Mais, hélas! le lait potable De la soif éteint l'ardeur; Et quand ma belle , traitable , Me permet de l'embrasser, De ma bouche insatiable Je ne puis que la presser.

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