‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 148 sur 165 · A MADAME E. M · texte numérisé non relu

A MADAME E. M

Aim : Jadii an célèbre Emperenr. (De Pierre-le-Grand-}

Anacréon devient si vieux

Qu'Aspasie en verse des larmes; n prend sa lyre , et par des chants joyeux

Prétend bien calmer ses alarmes.

— Que Phébus vienne à mon secours ; Coulez mes vers, coulez pour les Amours.—

Dans l'espoir d'augmenter ses droits

A la tendresse d'Aspasie, Mon philosophe a bu jusqu'à trois fois

D'un vin frais qui vaut l'ambroisie.

— Que Bacchùs vienne à mon secours; Coulez mon vin, coulez pour les Amours.—

Le soir arrive , et du berger

Il invoque à propos l'étoile ; Ses feux sont tels que pour les partager

Aspasie est déjà sans voile.

— Que Vénus vienne à mon secours ; Coulez mes nuits, coulez pour les Amours.—

La matin sans changer de ton

Croiriez-vous qu'il s'enflamme encore?

— Je sens, dit-il, que je deviens Tithon;

Aspasie, es-tu donc l'Aurore?

Viens , viens toi seule à mon secours ; Coulez mes jours , coulez pour les Amours. —

Par moi de notre cher patron

La doctrine sera suivie Jusqu'au moment oii le brutal Caron

M'entraînera loin de la vie :

Mes vers , mon vin , mes nuits , mes jours , Coulez toujours, coulez pour les Amours.

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