‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 31 sur 165 · AU FOTER DE LA COMÉDIE FR ANC AISS · texte numérisé non relu

AU FOTER DE LA COMÉDIE FR ANC AISS

Anecdote de 1781.

AI a : J'aime la force dans le vin.

Qui n'a pas conùu Cœùr-de-Roi , Sergent dans les Gardes-Françaises ^ A tout venant , de bonne foi , Donnant du tabac et des chaises ? Des foyers faisant les honneurs , Comme il en faisait la police , Avec les plus grands raisonneurs U osait mémo entrer en lice.

(84) Un astronome fort connu Vient pour voir Atrée et Thieste.

— Mon cher, soyez le bien venu, Lui dit mon sergent dW ton leste :

Parbleu! vous qui du fiitnament Nous dressez les meilleurs cadastres , Vous nous direz probablement Ce qu'on dit de neuf sur les astres.

— Ma foi , monsieur, l'on n'en dit rien , Ou l'on n'en dit pas trop grand'chose , Répond mon savant qui voit bien Dans quel genre le sergent cause.

Mais vous-même qu'en pensez-vous?

Souffi*ez que je vous le demande :

En fait d'astres quels sont vos goûts?

La multitude en est si grande !

— ^Vraiment , vous , monsieur le savant, Pour qui la Nature est sans voiles , Vous vous occupez bien souvent D'un tas de petites étoiles....

Mais je ne suis pas si profond, Et de vous à moi je confesse Que la lune et le soleil sont Les seuls astres que je connaisse.

— Fort bien vu ! car de chacun d'eux , Enorme est la circonférence f Mais il n'est pas. qu'à l'un des deux Vous n'accordiez la préférence :

Quand on est aussi connaisseur On est le chevalier fidèle Ou bien du frère ou de la sœur, Ou du mâle ou de la femelle.

—Vous sayez , comme tout Paris , Que )e demeure à l'Estrapade :

Le soleil n'a pour moi nul prix A l'exercice , à la parade ; Plus il est brûlant et vermeil , Plus je suis las , plus je suis sombre ; Enfin dès qu'il fait du soleil Je voudrais de suite être à l'ombre.

— Je vois trop , monsieur le sergent , Que vous accordez votre hommage À l'asftre calme , au front d'argent.

Pour l'astre au front d'or quel dommage ! Mais ne seriez-vous pas confus Si , piqué de ce qu'on le gronde , Il faisait tout à coup refus De prêter sa lumière au monde?

— Un soleil de plus ou de moins En plein jour n'est pas une afiaire ; Mais la lune a de petits soins , D'après lesquels je la préfère :

Quand mon spectacle finit tard , Beaucoup mieux qu'un porte-lanterne Ma lupe ^^ marche avec égard Devant moi jusqu'à ma caserne.

— {41 TOUS regardant de son haut , Dût Phébus vous porter rancune , Puisqu'elle vous sert de falot , Monsieur, préféreas votre lune.

Je vais » près du gouvernement Plaidant vos titres authentiques ^ Vous faire nommer sur-le-champ Sergent-major des lunatiques.

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