‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 39 sur 165 · CANTIQUE DES QUINZE-VINGTS · texte numérisé non relu

CANTIQUE DES QUINZE-VINGTS

sur leur translation dans le Caubourg Saint^Anlèiat

en 1781.

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JDe tous les Quinze-Vingts du monde La gratitude est sans seconde Depuis qu'un roi très-honoré A transporté leur patrimoine Du quartier de Saint-Honoré Dans le quartier de Saint-Antoine.

Le matin, noirs d'éclaboussures , Us couraient parmi les voitures Des risques trop accumulés ; Et le soir près de leur retraite L'Amour les aurait aveuglés Si la chose n'eut été faite.

Maintenant qu'auprès de Charonne

Nul danger ne les environne ^

Fort à leur aise les voilà ;

Et rien qu'avec un peu d'étude

Des bornes de ce canton-là

Ils auront bientôt l'habitude.

Ils ont de leur vieil uniforme Gardé la couleur et la forme , Et tout Français connaît la fleur Qui brille en cuivre sur leur plaque ; Mais ils la portent dans le cœur Encor plus que sur la casaque.

Du vaste hôtel des Mousquetaires Depuis qu'ils sont propriétaires , Dans un logis bien éclairé Chacun d'eux jouit de la vie, Et (pour en changer à son gré) Tient plusieurs chiens à l'écurie.

Au reste , au sein de cet asile Désormais leur sort est tranquille.

De leurs devanciers valeureux S'ils n'ont pas les vertus guemcres , Disons tout bas qu'ils ont pour eux De faire un peu mieux leurs prières.

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