‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 47 sur 165 · A MADAME ANSON · texte numérisé non relu

A MADAME ANSON

Aim : GVat à mon naître en l'art de plaire.

Dspuis le temps que Ton nous berce Avec des histoires de chien , U faut que la vérité perce , Et que du chat on parle en bien.

Son intelligence est touchante, Desherbiers 9 Ta dit avant moi; Mais Fanecdote que je chante Plus que jamais en fera foi.

Caron , hissant ses tristes voiles , Sur le Styx avait embarqué Mademoiselle trois étoiles , Logée à Paris sur mon quai , Et deux jours ou trois , il n'importe , S'étaient sombrement écoulés Depuis qu'en forme sur sa porte Le juge avftt mis les scellés.

( i48 ) Pierre et Paul , héritiers uniques f Arrivent d'un département:

Dès. que ces frères pacifiques Se font ouvrir Tappartement , Une plainte à leur cœur s'adresse En miaulemens continus :

— Je meurs de faim et de tristesse ; Celle qui m'aimait tant n'est plus 1 — •

Aux cris du chat Paid se décide ;

Pierre à son tour n'hésite pas ;

En solide ainsi qu'en liquide

Us lui font servir un repas;

Mais l'animal, qu'en yain on flatte.

Prend vite sa réfection ,

Et court près d'un panneau qu'il gratte ,

Qu'il gratte avec intention.

Pierre et Paul dans la boiserie Enfoncent un fer diligent Qui fait d'une planche pourrie Tomber six sacs remplis d'argent.

Un tel aspect les rend ingambes :

Pierre gambade et Paul bondit; L'animal se frotte à leurs jambes.

Fait le gros dos et s'ap|]^udit.

(«49) — Longtemps, dît Paul , aim&Ule somme , U eût ÊJIu qu'on te cherchât, Si le ciel né nous eût en somme Aidés de la pdtte du chat :

Aussi faut-il, c'est mon envie.

Avant de quitter ce séjour Te garantir, et pour la vie , Cinq centimes de mou par jour. ~

Pierre s'écrie : — Eh mais , mon frère ! r^Totre indicateur de trésor N'est point un chat. . . Tout au contraire. . . C'est une chatte. ... et pleine encor ! — ^Ah ! reprend Paid , mère sensible , La rente sera de cent francs , Et nous la faisons réversible Sur la tête de tes enfans. —

Puis ils ont dit à la portière :

— Le prix de vos soins bienfaisans , De même que la rente entière , Vous sera compté tous les ans; Mais les chats à votre quittance Devront joindre , quoique nombreux , Leurs certificats d'existence Si|^és par vous, griffés par eux. —

Bref, & Fingéniease béte Ils ont £adt don d'nn beau colier^ Preuve brillante et gage honnête D'un souvenir particulier; Car sur la plaque protectrice On lit ces mots intéressants :

A LA CHATTE LEUR BIENFArTRlCB DEUX HElUnERS RSCONNAISSAHS.

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