LE CHASSEUR ET LE PÊCHEUR
àSK : Met chers amis , ponrriez-TOBS m'enseigner.
JDu bas Poitou vous saurez qu'un baron ^
Qui passait sa vie à la chasse ^ Par les calculs d'un intendant larron Fat réduit presque à la besace.
Avec son beau
Château Il vend son bien Pour rien , Et part pour notre capitale Pédestrement botté ,
Crotté:
Dans un hôtel garni , Jami, Ne voyez-vous pas qu'il s'installe?
A dire vrai , quoiqu'il n'eût conserva
Ni ses gens, ni son équipage.
Comme Saint-Roch il s'était réservé Un chien qui lui servait de page.
Or, Il avait encor A con côté Porté Un cor de chasse bien gothique, Pour pouvoir, par des airs
Divers , Au lever du soleil Vermeil Rappeler son plaisir antique*
A dormir peu mon homme accoutumé,
Se réveille à toute aventure :
Et sur les pans d'un Aubusson fîimé Découvre une chasse en peinture :
Voilà qu'il rit;
Du lit Voilà qu'il sort D'abord :
Voilà qu'il court à perdre haleine En criant au plus haut:
Tayaut !
Voilà qu'il donne encor Du cor, autrefois dans sa garenne*
( ,56 ) Un chevalier ( SaintJude ëtak son nom) '
Trouva ces &çons indiscrètes.
Ce chevalier, qui , dormeur par raison » Ronflait pour acquitter ses dettes, Au même instant
Descend , El dit : — ^Voisin , Ce train Me réveille à travers la poutre.
— L'avis , dit le baron ,
Est bon; Mais pour chaSser chez moi Je croi Que je puis bien passer tout outre. -> —
Saint-Jude sort ,- et mon baron joyeux
Poursuit sa chasse imaginaire»
Quel parti prend SaintJude furieux?
Il &it chez lui verser à terre , Par six Lyonnais
Benêts^ Maint grand tonneau Plein d'eau; Et cette postiche tempête Au baron batrbouiUé ,
Mouillé,.
En perçant son plafond A fond y Lava comme il fallait la téte^
( »57 ) Tout courroucé de ce trait inhumain, Le baron monte , et voit Saint-Jude Qui y dans son lit , une ligne à la main , D*ttn pécheur gardait Tattitude. .
— Cesses ce jeu,
Morbleu !
Ou yentrebleu Sous peu De plaisanter je vous empêche.
— Pî'ayons-nous donc pas tous
Nos goûts?
Dit l'autre. Je me ris De vous :
Vous chassez, monsieur; moi je pêche.
L'HOMME