TOME rv. i
Gupidon , mettant bas les armes , Etend un voile officieux Sur la moitié de tous les charmes Que sa mère étale à hqs yeux; Mais en l'étendant il soupire.
Vénus , qui ne peut concevoir Ce que ce soupir-là veut dire , Court interroger son miroir.
— Ah! fi! dit^Uej ôtez ces pierres»
Qui génent> mon bras froidement ; A Junon qui brille aux lumières On peut passer cet ornement :
Et mes cheveux qu'on déshonore ^ Arrachez-en tout ce jasmin ; On pourrait me prendre potir Flore , Qui n'est belle que le matin.
Par quelle absurde fantaisie • Mettre à mon p^ed fait à ravir L'attribut de la Comédie l ' Tous mes talans sont le plaisir; Et quant à cette draperie Sous laquelle ion veut me cachej*, Minerve a plus froid , je parie j Elle peut l'envoyer chercher. —
Vénus alors , bravant la honte , Rétablit ses attraits tous nus :
Elle trouva bien mieux son compte A montrer qu'elle était Vénus ; Car là haut les dieux applaudirent :
L'Amour en l'embrassant sourit ; Et si les trois Grâces rougirent, Le reste du monde jouit.
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