‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 76 sur 165 · QUI SE COIFFAIENT EN BACCHANTES · texte numérisé non relu

QUI SE COIFFAIENT EN BACCHANTES

AIR : Adieu y je tous fuis, bois charmant*

IjAure et Clarice , il est urgent

Que vous portiez, les jours de fête,

En or ou du moins en argent

Un cep de vigne sur la tête :

Jetez au loin , d'un air altier,

Bonnets , fleurs et chapeaux commodes ,

Et qu'un orfèvre-bijoutier

Soit votre seul marchand de modes.

De vos berlines d'apparat Quittez les cavités immenses ; De Chérubini, de Garât Ne fredonnez plus les romancés :

Qu'un char en forme de tonneau Vous oSre aux regards de la ville j Et de l'antique Ramponneau Chantez un viiieux vaudeville.

Certain roi , d'un cœur excellent , Dans des circonstances plus graves , Voulait qu'à son panache blanc Se ralliassent tous ses braves :

Mais vous dun raisin de métal Employez l'innocente attrape ; Nos Adonis dans chaque bal Accourront pour mordre à la grappe.

En faune habillez le jokei Qui toutes deux vous accompagne; Qu'il tienne un flacon de Tokai Avec un flacon de Champagne :

Conduisez , le thjrse à la main , De vos amans le joyeux groupe ; Que chacun d'eux puisse en chemin , S'il a soif, se passer la coupe.

De boire aussi soir et matin Faites vous-mêmes la folie; Tachez les lis de votre teint Par-ci , par-là d'un peu de lie :

Substituez des pampres frais , Surtout bien clairs , (la chose importe) A ces cachemires épais Venus de la jalouse Porte.

Déjà TOUS découvrez vos bras ;

Vous semblez assez charitables

Pour changer nos prochains jours gras

En bacchanales yéritables :

Mais de nous mettre en cent morceaux

N'allez pas vous faire un trophée ;

Réservez ce supplice aux sots

Qui boudent à part' comme Orphée*

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