QUI SE COIFFAIENT EN BACCHANTES
AIR : Adieu y je tous fuis, bois charmant*
IjAure et Clarice , il est urgent
Que vous portiez, les jours de fête,
En or ou du moins en argent
Un cep de vigne sur la tête :
Jetez au loin , d'un air altier,
Bonnets , fleurs et chapeaux commodes ,
Et qu'un orfèvre-bijoutier
Soit votre seul marchand de modes.
De vos berlines d'apparat Quittez les cavités immenses ; De Chérubini, de Garât Ne fredonnez plus les romancés :
Qu'un char en forme de tonneau Vous oSre aux regards de la ville j Et de l'antique Ramponneau Chantez un viiieux vaudeville.
Certain roi , d'un cœur excellent , Dans des circonstances plus graves , Voulait qu'à son panache blanc Se ralliassent tous ses braves :
Mais vous dun raisin de métal Employez l'innocente attrape ; Nos Adonis dans chaque bal Accourront pour mordre à la grappe.
En faune habillez le jokei Qui toutes deux vous accompagne; Qu'il tienne un flacon de Tokai Avec un flacon de Champagne :
Conduisez , le thjrse à la main , De vos amans le joyeux groupe ; Que chacun d'eux puisse en chemin , S'il a soif, se passer la coupe.
De boire aussi soir et matin Faites vous-mêmes la folie; Tachez les lis de votre teint Par-ci , par-là d'un peu de lie :
Substituez des pampres frais , Surtout bien clairs , (la chose importe) A ces cachemires épais Venus de la jalouse Porte.
Déjà TOUS découvrez vos bras ;
Vous semblez assez charitables
Pour changer nos prochains jours gras
En bacchanales yéritables :
Mais de nous mettre en cent morceaux
N'allez pas vous faire un trophée ;
Réservez ce supplice aux sots
Qui boudent à part' comme Orphée*