‹ Œuvres choisies d'Antoine Pierre Augustin de PiisChapitre 78 sur 165 · LE BOUT D'OREILLE · texte numérisé non relu

LE BOUT D'OREILLE

Air te BtlIfetA doai»

On chante assez communément Un nez mignon, mi sein charmant.

Une bouche vermeille.

De petits pieds et de grands yeux ; Mais jamais rien de gracieux

JHe fut fait pour l'oreille.

Moi qui ne sais pas dans le fond Pourquoi les poètes lui font

Une injure pareille, A la fgice de Funivers Je prétends composer des vers

En l'honneur de l'oreille.

Puisse tout amoureux docteur Trouver bon qu'en simple amateur

Ici je lui conseille D'observer quelquefois le pli Qui , d'un beau vermillon rempli ,

Borde une jeune oreille I

D'ailleurs doit-on être ^iirpris .

Que pour eo rele^rer le prix

Ma verve se.réveiUe, -^ "

Puisqu'avant le «reste, en>amoûrv:

De celle à qm Ton fait laoour

Il faut avoir Toreiile? '

Dans la fossette du menixni^

Et dans mille autref»troif8, dit^on,

Les Bis sont • à * merveille : > * * ' Hélas I <pkd£aà vous lesiy ofanrofa(ear*< Souvent mes dr61es> sont niçhéis''

Dans celui de roreille:. ; ' i •;/

Ah ! que nous seridnd biéalieurèiéc Si le sexe d'en porter d'eux < i / '

Trouvait la mode «vieille! ' I Alors ce qu'un amant dirait^ . .

Une fois entre ne pourrait

Sortir par l'autre oreîll/B.

Mais. queCidaliseifueiplalt Vu.

An bas de son coriiet^lle est . :\/^)

Mince comme une xabeîUe;: .1 • < Avec votre pÈrmiseion ■ ".l.r

Souffrez que 1 dé iha pajsstoii 7 1 - 'f

Je lui parle àl'oîieille. ■ \ *^ ^

BeUe , il hat aimer tôt on taml:

Tu n'as jamais rien vu qae par

Le trou d'imé bbnteâlle ; Mais }e veux l'apprendre à yingt ans Que quand femme fiût des en£ans

Ce n'est pas par l'oreille.

Ciel ! à peine ai<-je récité

Cet impromptu qui m'a coûté »

Sans reprodke , une veille « Que poux tout dédommagement Cidalise, assez méchamment,

Vient me tirer l'oreille.

Je lui souhaite le bonsoir.

Et vais noyer mon désespoir

Dans le jus de la treille ; Mais je la quitte à petits pas , Et songe encore à ses appas

En me grattant l'oreille.

Croirai-je pour cela, vraiment.

Qu'après l'aveut d'un> tendre amant

Son petit cœ«r sommeille ?

Elle-même sur son pallier, Pour voir si je .puis l'oublier,

A la puce k l'oreille.

Je remonte et je l'aperçois.

Son teint s'anime cette fois

D'un rouge de groseille :

Crac , je m'offre à titre d'époux ; Ce compliment fait à genoux

Lui fait ouvrir l'oreille.

Par de semblables incidens Depuis plus de quatre mille ans

Le monde s'appareiUe.

Filles qui bravez les Amours , Autant peut-être sous deux jours

Vous en pend à l'oreille*

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